Serge Maheshe, assassiné le 13 Juin 2007 (4ans aujourd’hui)1 Commentaire

Par admin
Posté le 13 Juin 2011 à 1:44

En mémoire de Serge Maheshe, assassiné a Bukavu le 13 Juin 2007 (exactement 4 ans aujourd’hui), nous vous proposons un article
Qui a tué Serge MAHESHE? voici la version des faits des familles MULIMBI et MUHIMA, deux temoins oculaires des faits.
Soumis par JEUNESSE DU MONDE 03/07/2007 – 12:39

Serge Maheshe

En date du 13 juin aux environs de 20h00’, Serge Maheshe de retour de son travail, est passé prendre son ami Serge MUHIMA à son domicile, afin qu’ensemble ils aillent déposer leur contribution pour le mariage de leur ami commun Alain Mulimbi qui devait se marier le vendredi suivant, càd le 15 juin.
Au moment de se séparer (de quitter la résidence des parents d’Alain qui est située sur la route menant vers « le corps de la paix » à partir « des feux rouges »), Alain les a raccompagnés jusque devant le véhicule où ils sont restés quelques minutes debout en train de blaguer avant que 2 individus en provenance de la route menant vers « le corps de la paix » n’arrivent et les dépassent sans rien leur dire comme si de rien n’était.
Quelques instants après ces mêmes individus ont alors fait irruption devant eux venant de côté opposé, càd de la route menant vers la place appelée « les feux rouges ». L’un deux leur demanda de se mettre par terre tout en chargeant directement son arme ; l’autre n’en avait pas.
C’est alors que l’un des trois jeunes garçons demanda ce qu’ils avaient fait pour qu’ils se mettent par terre. Celui qui était armé réitéra l’ordre de se mettre par terre sans rien demander : ni argent, ni identité,….
Serge Maheshe qui avait un handset tenta d’appeler la base Monuc pour signaler les faits.
A ce moment, un premier coup de balle fut tiré. Serge Muhima se jeta dans un caniveau pendant qu’ Alain Mulimbi se cacha sous le bus de la Monuc qu’avait Serge Maheshe qui semble t-il n’a pas eu le temps de fuir.
Les deux amis qui s’étaient cachés entendaient Serge Maheshe demandait ce qu’il avait fait, que les malfaiteurs pouvaient prendre tout ce qu’il avait, argent, téléphone,…..Un deuxième coup a été tiré et un des deux malfaiteurs se mit à tirer Alain par les pieds pour le faire sortir en dessous du bus.
Un troisième coup fut tiré et Alain qui avait résisté et donc toujours sous le véhicule vu les pas des malfaiteurs s’éloigner. Ces derniers ne semblaient même pas être pressés.
Alors Alain sortit de sous la voiture et se mit à appeler les deux Serge.
Serge Muhima sortit du caniveau et avec Alain ils constatèrent que Serge gisait par terre.
Alors ils appelèrent à l’aide et les voisins qui avaient entendu les coups de feu ont accouru.

Serge et Alain ont alors emmené Serge Maheshe à l’hôpital général de Référence. A ce moment là, Serge Maheshe délirait et saignait abondamment. Avec eux, était un médecin, Dr Zozo, qui loge dans le même enclos qu’Alain.
Arrivé à l’hôpital, Serge Muhima a alors avisé les autorités, notamment ceux de la Monuc ainsi que l’agence de sécurité des Nations Unies(UNDSS) et quelques membres de la famille.
Après ces coups de téléphone, il a retrouvé Alain devant la salle des urgences qui pleurait déjà et qui disait que Serge Maheshe était déjà mort. Le Dr Zozo l’a confirmé en hochant la tête et Alain Mulimbi s’est évanoui et l’équipe des urgences a commencé à s’occuper de lui.
Les amis, les agents de la Monuc et la famille ont donc commencé à arriver à l’hôpital ; et un cortège constituait de toutes ces personnes a accompagné son corps jusqu’au domicile de ses parents.

La même nuit, vers 23h, on a vu défilé plusieurs autorités de la place, notamment Mr Alpha Sow, Chef de la Monuc ici et d’autres encore.
Alain aussi avait été conduit au bureau de la police nationale pour des premiers interrogatoires.
Après ; son père, deux de ses frères et le Dr. Zozo le ramenèrent à la maison car le choc était encore vif.
A 6 h 00, toutes les radios passaient déjà la nouvelle. Elles parlaient de l’assassinat de Serge et des informations circulaient selon lesquelles le quartier Ndendere était déjà bouclé et était en train d’être ratissé par des enquêteurs.
A 8hoo, il y avait une foule compacte (étudiant, agents Monuc, famille, IRC, etc.) au domicile des parents de feu Serge Maheshe.
Vers 9h30’, le Gouverneur de la Province est arrivé. Très ému, il s’est recueilli quelques instants sur la dépouille de Serge mais n’a fait aucune déclaration à ce moment là.
Dans la soirée, la radio parlait déjà de 18 personnes qui étaient déjà détenues à l’auditorat car elles avaient des armes dans leurs maisons ou sur elles. (Militaires ? démobilisés ?) Ces personnes étaient interrogées, et le bruit courrait qu’une arme avait déjà été identifiée comme arme du crime.
Le soir du jeudi 14 juin 2007, un procès commençait et Serge et Alain furent entendus comme « renseignants ».
Le lendemain, au courant de la messe chargée de beaucoup d’émotion, l’officiant a montré son indignation.
Le même jour vers 14h, tout le monde s’est rendu au cimetière sauf Serge et Alain qui avaient été retenus à l’auditorat car ils pouvaient comparaître à tout moment dans le procès qui continuait.
La météo se gâta, le procès fut suspendu et ils en profitèrent pour aller rendre un dernier hommage à leur ami.
Apres l’enterrement, tous les amis, membres de la famille, connaissance se sont retrouvés chez les parents de Serge Maheshe ; un cahier était là où beaucoup des gens ont pu écrire ce qu’ils ressentaient et dire un dernier adieu a u disparu.
Le samedi 16 juin, en mémoire de l’illustre disparu, toutes les radios ont annulées toutes les émissions pour ne passer que de la musique religieuse. Ce silence qui n’épargna même pas les émissions importantes comme les informations a duré toute la journée montrant la colère et la frustration des journalistes.
Le même samedi, une cérémonie officielle s’est déroulée à Kinshasa a la quelle beaucoup des autorités ont assisté et fait des déclarations ( le ministre de l’information, M. william L. Swing , le ministre de l’intérieur, le président de l’assemblée nationale,…)

Il y a eu un jour pour reconstituer les faits ; au lieu ou s’est passé le crime.
Pendant la reconstitution de la scène du crime, les deux amis de feu Serge Maheshe qui suite à la panique et peur avait perdu le visage des agresseurs ont quand même reconnu la démarche de celui qui avait tiré et sa voix.
Ils l’ont fait savoir aux avocats de la défense.
Pendant qu’ils étaient sur les lieux du crime, l’un des présumés coupables dit à Serge Muhima en une langue locale et d’un ton vraiment menaçant : « Yo olobi omonaki biso awa ? Ok, keba nayo, toko bima », ce qui se traduit par: « Tu dis nous avoir reconnu ? Fais attention à toi ! On sortira d’ici ! »
Il y a eu plusieurs auditions publiques, mais une seule a été vraiment réalisée ; il y a eu deux reports ; et l’on devait encore avoir comparution le 11 juillet.

Le samedi 30 juin, vers 16h 30, Serge Muhima a été appelé au domicile des parents Maheshe. Lorsqu’il y est arrivé, il a trouvé un auditeur qui lui a dit qu’il y avait des faits nouveaux et qu’ils avaient besoin de lui à l’auditorat. Il n’a donné aucun détail sur ces sois disant faits nouveaux, n’a présenté aucun document de loi. Serge l’a donc suivi et est arrivé à l’auditorat militaire. Il a été confronté à deux autres individus, civils et non militaires, qui n’avaient aucun lien avec les deux premiers présumés coupables, militaires. Quand Serge Muhima s’est présenté aux deux individus qu’ils n’avaient jamais vus auparavant, ils se sont exclamé : « non, ce n’est pas lui ! Lui c’est Ka Serge, nous le connaissons bien ; ce n’est pas lui…c’est plutôt Alain. Nous ne pouvons oublier qui est Alain, le Dr Alain Mihigo »
Apres quelques instants, Alain Mulimbi a été emmené devant les mêmes individus et ces derniers ont prétendu le reconnaître comme étant le commanditaire du crime. Ils ont dit qu’ils avaient été approché par lui et qu’il leur avait promis 30.000 $ (trente milles dollars) s’ils réussissaient à tuer Serge Maheshe. Les auditeurs ont donc entendus tout le monde et ont décidé de garder Alain et Serge « pour des raisons d’enquêtes ».
Les membres de la famille ne savaient absolument pas pourquoi leurs fils étaient retenus à l’auditorat, dans un cachot.
Ils ont été brimés et même rançonnés par les gardiens, aucun officier militaire n’a dit aux gardiens que Serge et Alain n’étaient pas accusés.
Etaient ils suspects ? Ou inculpés ? Ou témoins ? Pourquoi dans ce cas les choses se passaient elles un week end, sans avocats, sans explications de leur statut ? Pourquoi à l’auditorat militaire alors que la victime, les présumés coupables et les présumés commanditaires ne sont pas des militaires ?
C’est vers le coup de 23 heures qu’il s’avérera impossible de voir sortir ni Alain ni Serge, et qu’ils étaient là sur base des déclarations des deux individus prétendant avoir tué feu Serge Maheshe.
Le lendemain matin, les deux prévenus ont pu voir les membres de leurs famille et avaler une tasse de café. Ils étaient encore dans le flou et n’avaient pas encore tous les détails concernant les raisons qui poussaient les magistrats à les détenir en garde à vue. Vers 10 heures, ce premier juillet, ils ont été entendus séparément de même que les deux « tueurs ».
Ces derniers donnent des informations contradictoires ; d’après l’un, il ne s’agit pas du Dr. Alain Mihigo mais plutôt du Dr. Alain Muhindo ; que le lieu où tout se fomentait est un nganda et le gérant connaît très bien ce Dr. Alain Mihigo/Muhindo. Interrogé à son tour, le gérant du dit nganda dit n’avoir jamais vu Alain.
Les raisons de détention de Serge Muhima repose sur le seul fait que les « tueurs » (qu’il n’avait jamais vus avant la veille) ont prétendu le connaitre et l’ont appelé « Ka Serge ».

Il ressort qu’ils doivent encore passé la nuit du 01 au 02 juillet 2007 au cachot, espérant que le lundi sera un jour meilleur car selon les magistrats il y aura confrontation.

Sé: les Familles de Alain MULIMBI et Serge MUHIMA

NB: le communiqué ci-dessus n’engage pas l’ONG Jeunesse du Monde RDC, il est publié à titre d’information.

 

 

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1 Commentaire

  1. Jonas KACHIGA B.

    Que la terre de nos ancetres te soit douce et legère! Je garderai de toi SERGE, le souvenir d’un jeune homme réspectueux des ainés et d’une intregrité irréprochable! Une pensée aussi pour « MUNYI » et KOKO : Deux Autres jeunes journalistes victimes des forces obcures qui règnent au Kivu!! ***N.B: Kama kuko mutu iko na ma coordonées za PAPY (Masta yangu) grand frère ya feu Serge anitumiye ku : Jonas-bal@orange.fr AKSANTI saana!

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