NORD-KIVU: LA SOCIÉTÉ CIVILE VEUT EN FINIR AVEC L’IMPUNITÉ, “POUR AVOIR LA PAIX, IL FAUT LA VOULOIR”0 Commentaires

Par admin
Posté le 20 Mai 2012 à 6:27

 

Les sois disant "rebelles" au Nord-Kivu

La résolution des problèmes du Kivu ne passera pas par un mandat d’arrêt contre le chef rebelle Bosco Ntaganda mais par une lutte acharnée contre l’impunité qui caractérise les crimes et les abus commis chaque jour sur les civils, affirme à la MISNA le président de la société civile du Nord-Kivu, Thomas D’Aquin Muiti, alors que la région est de nouveau en proie à de violents troubles.

Les anciens rebelles du Cndp (Congrès national pour la défense du peuple) sous commandement de Ntaganda, enrôlés aux forces armées depuis l’accord de paix de 2009, ont déserté les rangs réguliers et sèment la panique sur les territoires de Masisi et Rutshuru, où 20.000 déplacés sont actuellement recensés.

“Si nous assistons aujourd’hui à la mutinerie de soldats contre le gouvernement qu’ils auraient dû défendre, c’est parce que les accords de paix ne reposent sur aucune base solide”, observe notre interlocuteur, qui estime que “le seul fait de montrer aux gens que la loi doit être respectée en infligeant des punitions exemplaires contre les responsables de crimes horribles suffirait au Kivu à rétablir un peu plus d’ordre et de confiance dans les institutions”.

Mais la situation actuelle est compliquée par “les accords passés, d’une part, par les militaires mutinés et le groupe Maï-Maï Lafontaine, qui est lui-même allié de l’autre aux rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr)”, explique Muiti, qui y voit la cause de l’échec du processus de réinsertion dans l’armée à la base de l’accord de paix. Par ailleurs, insiste le président de la société civile en allusion au Rwanda, “les acteurs de la région doivent adopter une position conjointe sur la situation au Kivu et certifier noir sur blanc qu’ils n’armeront plus ou ne financeront plus les groupes armés qui sévissent chez nous”.

Selon les quelques informations en provenance du terrain, les habitants de Bunagana, à environ 90 kilomètres de Goma, qui s’étaient dernièrement enfuis en Ouganda, auraient repassé la frontière et rentreraient progressivement au village. “Ils auraient été encouragés à revenir par la présence des casques bleus de la Monusco et de l’armée sur les collines de Runyoni et Chanzu, qui était auparavant occupées par les rebelles”, ajoute Muiti, tout en précisant que “les villages ont été systématiquement pillés et les champs détruits”.

Maints observateurs estiment que cette nouvelle insurrection pourrait découler d’une stratégie de Ntaganda – recherché par la justice internationale pour crimes de guerre et contre l’humanité – pour déstabiliser la politique congolaise et forcer le gouvernement à négocier et collaborer avec lui.

D’ailleurs, “tant que les conventions internationales ne seront pas ratifiées et appliquées et que la législation congolaise ne sanctionnera pas l’enrôlement des mineurs, qui n’est pas formellement un crime chez nous, aucun progrès ne sera envisageable”, rappelle Muiti, qui estime que “pour arriver à la paix, il faut d’abord la vouloir”.

(ADL/CN)

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