Dr Mukwege : « Il n’y a aucune enquête sur ma tentative d’assassinat »

L’homme qui répare l’intimité des femmes violées retournera à Bukavu ce dimanche malgré le danger. « Les femmes veulent leur docteur de retour au pays. Je dois y retourner », déclare Dr Mukwege dans le Grand Oral La Première

mukwegedenisLe Dr Mukwege retourne ce dimanche à Bukavu, capitale du Sud Kivu. Il est l’invité du Grand Oral La Première – Le Soir de ce samedi 12 janvier. L’homme qui répare l’intimité des femmes violées, médecin chef de l’hôpital de Panzi, a quitté le Congo en novembre dernier, après une tentative d’assassinat qui avait secoué le pays tout entier, et le monde également. L’action de cet homme lui a valu des prix dans le monde entier (dont le Prix de la Fondation Roi Baudouin), une citation précise dans le discours de Noël du Roi Albert qui s’est beaucoup inquiété de sa survie. Il a été cité plusieurs fois pour le Prix Nobel.

 « Les femmes m’ont proposé d’assurer ma sécurité »

« Les femmes m’ont appelée, elles veulent leur docteur de retour au pays », déclare le docteur, serein mais conscient des risques qu’il prend, lors du Grand Oral La Première-Le Soir. « Elles ont vendu des légumes, du poisson car elles voulaient financer mon ticket de retour à Bukavu. Elles m’ont proposé aussi d’assurer ma sécurité. Je dois retourner ».

« Je n’ai jamais été interrogé »

Le risque n’est pourtant pas mince pour lui : rien ne dit qu’un nouvel attentat ne se reproduira pas. Au contraire, les signes sont inquiétants : « Il n’y a pas d’enquête sur les faits commis, je n’ai pas été interrogé, pas davantage que les gardes survivants qui m’accompagnaient », précise-t-il.

Ses ennemis ? Les bandes armées, au service d’intérêts économiques qui sévissent dans la région, pour s’accaparer le riche sous sol local (coltan notamment) et qui utilisent le viol comme arme de guerre. Chaque bande signant ses viols de ses « particularités », reconnaissables, explique le gynécologue, aux terribles «dégâts » et destructions génitales des femmes qui viennent, reviennent après avoir été violées de façon monstrueuse, et aux enfants de celles-ci désormais également visés à leur tour.

Ecoutez cette interview du « Grand Oral » de Denis Mukwege, elle frôle souvent l’insupportable mais elle nous met aussi devant nos liens avec ces horreurs : le coltan sert à fabriquer nos portables, nos ordinateurs.

Le docteur ne mâche pas ses mots : la responsabilité de ces zones de non droit revient aux autorités de la région, internationales mais en premier lieu au pouvoir en place à Kinshasa. La Belgique elle doit apporter sa voix politique, vu son expertise du Congo. « Vous savez il y a des pays dans le monde, que je visite, où l’on ne sait pas ou est le Congo… »

 « Si la Reine Fabiola veut soutenir les femmes congolaises… »

Le Dr Mukwege, qui durant tous ces mois hors du Congo s’est fait le porte-parole de sa cause et de ces femmes mutilées, se refuse d’entrer dans nos querelles communautaires, estimant avoir autant de soutien et d’écoute côté flamand que francophone. Quand aux rebondissements des dotations royales, il se borne avec un sourire, lui qui a les faveurs très empathiques du Roi Albert de suggérer : « Si la Reine Fabiola veut soutenir les femmes congolaises d’une façon ou l’autre. »

Cette interview, cette couverture médiatique peuvent-elles le protéger à son retour ou au contraire, le mettre en danger davantage ? Car l’ennemi peut aussi être lié à un pouvoir qui n’aime pas l’image non pacifiée que donne de cette région du Congo, la révélation constante par le Docteur, des crimes qui y sont commis sur les femmes.« Je le saurai dès dimanche, à mon retour », déclare-t-il fataliste.

Lesoir.be

2 réponses sur “Dr Mukwege : « Il n’y a aucune enquête sur ma tentative d’assassinat »”

  1. Doctor Mukwege, should be given armed guards, why this big countries want to finish all people in region, to get resources?, now our people should learn to act like in Gaza, we had enough with those rats

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