Les Maï-Maï mangent des chefs coutumiers Dans les territoires de …0 Commentaires

Par Syfia RD Congo
Posté le 22 Fév 2013 à 12:44

mai-mai-congoDans les territoires de Mitwaba, Manono, Pweto, Malemba Nkulu, au nord Katanga, les Maï-Maï fidèles à Kyungu Mutanga Gédéon tuent, violent, pillent… sans être inquiétés, jetant dans la rue des milliers des familles et mangeant des chefs-coutumiers. Justin Kalenga Tamba, un des chefs traditionnels de Mitwaba livre son témoignage depuis Lubumbashi où il a fui ces exactions.

Syfia Grands Lacs : Depuis quand êtes-vous à Lubumbashi et pour quel motif ?

Justin Kalenga Tamba : Je suis ici depuis un mois déjà, j’ai fui les exactions des Maï-Maï de Gédéon qui s’étendent sur tous les territoires du nord Katanga, dirigées vers la population et principalement vers les chefs traditionnels. Je demande aux autorités du pays de faire tout pour pacifier nos territoires. Je ne sais pas pourquoi cela dure…

Sgl: Les maï-maï s’attaquent-ils seulement aux chefs traditionnels ?

JK: Non. Ils attaquent les Fardc, la police, les services de sécurité et tout symbole d’autorité… Comme ils n’ont pas de nourriture, quand ils arrivent dans un milieu, ils pillent les maisons et emportent ce qui s’y trouve. Ils accusent les chefs traditionnels de collaborer avec les militaires. Depuis 2003, quarante chefs traditionnels ont été tués par ces Maï-Maï qui ont mangé leur chair sous prétexte de renforcer leur puissance et devenir invulnérables aux balles. C’est le cas des chefs comme Musumari, Mwele, Lwalaba, Dilenge, Kawama, Mubidi, Kiyombo, Ntambo, Kileba…

Sgl: Les éléments de l’armée régulière ne sont pas là pour vous sécuriser ?

JK: Ils sont déployés dans les chefs-lieux des territoires, comme dans la cité de Mitwaba. Mais le territoire n’est pas seulement son chef-lieu. Le reste des groupements, chefferies, villages…c’est les Maï-Maï qui y font leur loi. Ils sont armés. Nous ne savons pas d’où leurs viennent armes et munitions. Je ne sais pas vous expliquer comment ils résistent aux Fardc et tuent même certains d’entre eux. Dans la chefferie de Kiona Ngoy que je dirige, ils ont arrêtés onze de mes chefs de villages qu’ils ont amenés je ne sais où. C’est pourquoi je me suis sauvé. Ici je ne suis pas seul. Plusieurs chefs traditionnels ont fui comme moi, ils sont soit ici, soit à Likasi, soit à Kolwezi.

Sgl: Vous estimez à combien le nombre de personnes déplacées à ce jour ?

JK: C’est des milliers des familles qui vivent dans la brousse sans assistance. Dans ma seule chefferie c’est plus de 130 mille personnes qui sont toutes dans la brousse. Je ne sais pas s’il peut être possible de déterminer le nombre de ceux qui fuient dans d’autres chefferies, villages, parce qu’ils fuient dans tous les sens.

Sgl: Parmi ces maï-maï il y a des enfants de votre contrée, vos propres enfants donc…

JK: Oui, mais quels enfants ? C’est essentiellement des jeunes sans instruction, sans occupation que Gédéon convainc à intégrer son groupe. Lorsqu’ils sont drogués, ils sont prêts à tout.

Sgl: Gédéon c’est un fils du nord Katanga. Pourquoi fait-il souffrir ses propres frères ?

JK: C’est quelqu’un du territoire de Manono, secteur de Luvua, groupement Nyembwakunda. Son village natal c’est Kabala. Nous ne comprenons pas ce qu’il veut, ce qu’il cherche…

Maurice Mulamba

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