Sultani Makenga destitue Jean-Marie Runiga de la direction politique du M23 a cause de Bosco Ntaganda1 Commentaire

Par Radio Okapi
Posté le 28 Fév 2013 à 11:55
Sultani Makenga de M23 arrivant a Goma en 2012

Sultani Makenga de M23 arrivant a Goma en 2012

Le chef militaire de la rébellion du M23, Sultani Makenga a destitué Jean-Marie Runiga de ses fonctions de coordonnateur politique de ce mouvement rebelle. Dans une décision publiée mercredi 27 février dans la soirée, Sultani Makenga reproche à Jean-Marie Runiga son « incapacité à conduire la vision du mouvement du 23 mars et à mettre en œuvre son programme politique ».

Le chef militaire du M23 accuse notamment Jean-Marie Runiga de se rallier à Bosco Ntaganda qui, selon le même document, « influence négativement les décisions du M23, au plus haut niveau ». Jean-Marie Runiga est également accusé de “malversations financières, divisions, haine-ethnique, escroquerie et manque de professionnalisme et d’éthique politique”.

Le porte-parole de la faction du M23 dirigée par le colonel Baudouin Ngaruye, un fidèle de Bosco Ntaganda, indique que Jean Marie Runiga ne se soumettra pas à cette décision. Il estime que cette destitution est une fuite en avant de Sultani Makenga qui devrait répondre des accusations de corruption.

Sur le terrain, ce jeudi matin, des sources concordantes à Rutshuru indiquent que des hommes fidèles à Bosco Ntaganda ont abandonné depuis la veille au soir les localités de Rubare, Kiwanja, et Rutshuru-Centre. Ces hommes se sont établis à Kibumba, à 30 km au Nord de la ville de Goma, où Bosco Ntaganda vient d’établir son état-major. Jean Marie Runiga reste pour l’instant injoignable.

La tension qui couvait entre les chefs du M23 depuis des semaines a connu une escalade, dimanche 24 février, lorsque les hommes fidèles à Sultani Makenga et ceux fidèles à Jean-Marie Runiga, en réalité à Bosco Ntanganda, se sont affrontés à l’arme lourde à Rutshuru. Le même jour, onze pays africains signaient à Addis-Abeba sous l’égide de l’Onu un accord-cadre pour rétablir la paix en RDC. Ces Etats se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés qui déstabilisent la RDC.

Ntaganda et le M23

Bosco Ntaganda qui occupait les fonctions de chef d’Etat-major de la rébellion du CNDP n’a jamais revendiqué officiellement son appartenance au M23. Mais des sources bien renseignées indiquent qu’il a joué dans l’ombre un rôle de premier plan au sein du M23 depuis sa création. Accusé des crimes de guerre et d’enrôlement d’enfants dans les groupes armés, Bosco Ntaganda est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Crée en mai 2012 par les mutins de l’armée loyaliste de la RDC issus de l’ex-rébellion du CNDP, le M23 revendique la pleine application de l’accord de paix signé en mars 2009 à Goma entre le gouvernement et le CNDP. Le M23 a occupé plusieurs localités de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, à partir de juillet 2012. La rébellion a même réussi à prendre la ville stratégique de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu en novembre 2011, avant de s’en retirer plus d’une semaine plus tard à la demande des chefs d’Etats des Grands Lacs. Un retrait concédé contre des pourparlers qui se déroulent encore en ce moment à Kampala avec le gouvernement.

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1 Commentaire

  1. NSIMBA LAY Firmin

    La déroute des rebelles du M23.

    Saluons la bravoure de nos soldats, grâce à l’appui de la Monusco, pour leur succès dans la déroute de ces écervelés qui ont mis la province du Kivu à feu et à sang. Ce mouvement rebelle n’avait aucune légitimité. La déroute des rebelles du M23 marque à coup sûr un tournant décisif dans les relations de la RDC vis-à-vis des pays voisins. Il n’est pas concevable d’envisager un accord de paix avec ces individus sans scrupules qui ont toujours refusé de désarmer conformément aux pourparlers de Kampala. C’est, du moins, mon avis.

    Ces individus, loin d’être des vrais patriotes prêts à se mobiliser pour reconstruire le pays meurtri depuis des longues années, prétendaient avoir des revendications qui n’ont rien à voir, ni avec l’ethnie Tutsi de la RDC à peine minoritaire face aux multiples ethnies que compte notre pays et voulaient nous faire croire qu’ils luttaient contre le régime de Kinshasa pour notre intérêt à tous. Ils ont choisi de s’armer lourdement pour violer et tuer sans pitié. Ce n’est pas crédible. Aucune tribu, minoritaire soit-elle, ne peut s’arroger le droit de s’armer pour tuer et réclamer par la suite des droits qu’elle prétend ne pas avoir.

    Pour ne plus revivre ces conflits récurrents ( rébellion, insurrection ), il faut pour la RDC des institutions viables, une armée forte, réorganisée et formée pour être capable d’assurer la défense du peuple et de la nation. Comme dans d’autres démocraties, il faut enfin une majorité et une opposition crédible. Mais pas avec celle qui passe son temps à critiquer sans fondement de façon manichéenne l’action du gouvernement sans rien proposer comme c‘est souvent le cas…

    Dans le cadre des pourparlers de Kampala, les rebelles devaient savoir sur quoi négocier. Il existe des points non négociables comme la réintégration de tous les rebelles mêmes ceux ayant du sang sur les mains au sein de l’armée congolaise.

    Le chef rebelle Makenga, acculé, doit être traduit devant les instances judiciaires compétentes ainsi que ses acolytes. Leurs crimes ne peuvent rester impunis. Les autorités rwandaises s’agitaient dans tous les sens pour clamer leur innocence. Et pourtant, leur implication était irréfutable et démontrée. L’Ouganda et le Rwanda sont aujourd’hui devant leur responsabilité et doivent tirer toutes les conséquences pour avoir accueilli ces rebelles sur leur territoire . Ils ont « une épée de Damoclès au-dessus de la tête « . Ils ont enfin comme la RDC d’ailleurs le devoir de garantir le principe d’intangibilité des frontières. L’histoire en jugera.

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