Rencontre Yoheri Museveni Joseph Kabila à Kampala : les non-dits

Le chef de l’Etat a effectué, le samedi 2 mars 2013, une visite de quelques heures à Kampala. Officiellement, Joseph Kabila Kabange était allé s‘incliner sur la dépouille mortelle d’un parent du président ougandais Yoweri Museveni. Mais au regard de l’actualité brûlante dans les Grand Lacs, toutes les sources sont d’avis que l’accord-cadre de paix signé le 24 février dernier à Addis-Abeba a dû s’inviter dans les échanges entre les deux chefs d’Etat. D’où, la persistance des non-dits.

Le président Joseph kabila et Museveni a l’arrière plan
Le président Joseph kabila et Museveni a l’arrière plan

Visite-éclair du président Joseph Kabila, le samedi 2 mars 2013, à Kampala. Dans l’opinion nationale, le déplacement du chef de l’Etat dans la capitale ougandaise Kampala n’est pas passé inaperçu. Des commentaires sont allés dans tous les sens, chacun cherchant à décrypter ce énième déplacement de Joseph Kabila en Ouganda. Si une certaine opinion s’attarde sur des simulations, au gouvernement, l’on reste confiant.

Contacté par notre Rédaction, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, s’est voulu plutôt rassurant. Selon lui, le chef de l’Etat est allé consoler son homologue ougandais, frappé par un deuil dans sa famille biologique. Mais, c’était aussi l’occasion pour le président Kabila, a souligné Lambert Mende, de s’entretenir en tête-à-tête avec le président ougandais sur l’après-accord-cadre de paix d’Addis-Abeba.

Sur ce point précis, il y a lieu de rappeler que le président Museveni n’avait pas fait le déplacement, le 24 février 2013, du siège de l’Union africaine pour assister à la signature de cet accord. Président de la CIRGL, il était donc normal que le président Kabila, premier concerné par cet accord, recueille des avis de celui qui assume jusqu’à ce jour la présidence de la CIRGL.

Des sources présentes à Kampala rapportent que les deux chefs d’Etat se sont entretenus à huis clos pendant plus de trois heures. Si rien n’a filtré de leurs entretiens, l’avenir de l’accord-cadre d’Addis-Abeba a sans doute dominé l’essentiel de cette rencontre. Pas de doute aussi qu’ils aient planché sur les pourparlers entre le gouvernement de la RDC et le M23, dont la reprise est annoncée pour bientôt dans la capitale ougandaise.

Facilitateur de ce dialogue direct, voulu par la CIRGL pour une solution négociée de la crise dans l’Est de la RDC, l’Ouganda joue un rôle éminemment important dans ce processus. Que le chef de l’Etat congolais consulte son homologue ougandais, ceci paraît s’inscrire dans la dynamique de la recherche de la paix dans l’Est de la RDC, alors que les pourparlers de Kampala abordent leur dernière ligne droite.

Il y a lieu de souligner qu’en marge de la signature de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la CIRGL avaient convenu du 15 mars 2013 comme date butoir pour la fin du dialogue de Kampala. Ce qui, d’une certaine manière, pourrait aussi justifier le déplacement du chef de l’Etat à Kampala, prenant évidemment en compte de profondes dissensions qui minent actuellement le M23, plus que jamais scindé en deux factions disjonctes.

LA PAIX A TOUT PRIX

Dans tous les cas, pour le président Kabila, a fait remarquer Lambert Mende, la concrétisation effective de l’accord-cadre de paix d’Addis-Abeba passe pour une priorité. La RDC tient à remplir jusqu’au bout ses engagements, a indiqué le porte-parole du gouvernement réaffirmant la détermination du président Kabila dans la réussite de cet accord qui passe, faut-il le rappeler, en examen ce mardi 5 mars au Conseil de sécurité des Nations unies.

Par ailleurs, la signature de l’accord-cadre d’Addis-Abeba ne devait pas rester sans conséquence sur les pourparlers de Kampala. La question a vraisemblablement été abordée le week-end à Kampala entre Kabila et Museveni. C’est parmi les non-dits de la visite-éclair de Kabila à Kampala.

Les déclarations faites dimanche par le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku, pour justifier le retrait des troupes des FARDC de Rutshuru, sont également assimilées aux non-dits du déplacement du président Kabila à Kampala. Se confiant à DrcNews, Julien Paluku a soutenu que le retrait des FARDC du territoire de Rusthuru « est principalement motivé par le respect de l’Accord-cadre signé le 24 février à Addis-Abeba et à travers lequel la RDC s’est engagée à garantir la sécurité pour tous ses voisins ».

Il s’est en outre exprimé en ces termes : « Des informations de bonne source nous ont alerté en disant que les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) avaient l’intention d’installer leur quartier général à Kiwanja, chose inadmissible pour le gouvernement congolais ». « C’est la raison pour laquelle les FARDC avaient pris la décision de sécuriser la zone et ses habitants au vu du conflit qui écume actuellement le M23 », a encore ajouté Julien Paluku.

Pour le gouverneur Paluku, « il fallait surtout éviter un bain de sang dans ces cités (Kiwanja et Rutshuru) continuellement meurtries depuis le CNDP jusqu’aujourd’hui encore » et « ne plus les exposer à des nouvelles tueries de la part des forces négatives ». Kabila à Kampala était porteur d’un message : réchauffement de l’axe Kinshasa-Kampala pour la cause de la paix dans les Grands Lacs.

Encadré

Retrait des FARDC de Rutshuru : le gouvernement précise

Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo porte à la connaissance du public que des unités mobiles des FARDC ont été envoyées à la rescousse des populations des localités de Kalengera, Rubare, Kiwandja et Rutshuru Centre dans les heures qui ont suivi le retrait des éléments du M23 de ces localités. Nos compatriotes y étaient victimes de nouvelles exactions commises par des bandes armées Mayi Mayi auxquelles s’étaient joints des criminels se faisant passer pour des rebelles rwandais des FDLR.

La neutralisation effective de ces inciviques s’est opérée sans atermoiements et, le Haut Commandement des forces gouvernementales a décidé depuis dimanche matin de déployer les forces combattantes impliquées dans cette opération coup de poing sur des sites pouvant permettre une défense plus efficace de ces agglomérations en cas d’attaque ennemie.

Les troupes FARDC qui ont stabilisé la situation sécuritaire à Rutshuru Centre ont ainsi été établies à Kaunga à 6 Kilomètres de cette agglomération. Leurs compagnons d’armes qui ont débarrassé Rubare des malfrats qui y sévissaient sont installés sur la route de Tongo à une dizaine de kilomètres.

L’ordre public dans toutes ces agglomérations continue à être assuré par des unités régulières de la Police Nationale appuyée par les Casques bleus de la MONUSCO qui collaborent activement avec les FARDC à cette fin.

Le Gouvernement de la République tient à rappeler qu’il n’y a plus de place dans notre pays pour des mouvements dits politico-militaires, M23 ou autre, qui sont une véritable insulte à l’Etat de droit. Il assure les Congolaises et les Congolais de Rutshuru et du Nord- Kivu en général qu’il sera toujours à leur côté dans cette épreuve d’une guerre cruelle et injuste imposée à notre pays à partir de l’extérieur.

Fait à Kinshasa, le 03 mars 2013

Lambert Mende Omalanga
Porte-parole du Gouvernement

Via lepotentielonline.com

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