Pont de la Ruzizi entre Bukavu et Cyangugu

RD Congo – Rwanda : Des ponts et non des murailles entre les peuples

L’autre jour, un opposant congolais, l’honorable Jean Claude Mvuemba (pour ne pas le citer), ne croyait pas si bien dire lorsque sur une chaîne de télévision de la capitale congolaise, il a fait des déclarations tapageuses et sulfureuses comme quoi, pour que la République Démocratique du Congo puisse avoir une paix durable, il faut, selon lui, faire construire trois grands murs : un premier entre la RDC et le Rwanda ; un deuxième entre la RDC et l’Ouganda ; et un troisième entre la RDC et le Burundi » et comme si cela ne suffisait pas, il a encore fait au gouvernement une proposition orageuse: «  il faut aussi, dit-il,  que nos trois ambassadeurs qui travaillent dans ces trois pays-là soient immédiatement rappelés pour consultation pendant une durée d’au moins de trois ans. Cela permettra à la RDC de s’organiser sans qu’il y ait des intrusions de toutes sortes, a-t-il conclu ». Tout ce grand bruit de cet opposant peut être résumé en une phrase : rupture de la coopération entre les trois pays frontaliers. Seulement voilà : notre honorable a fait semblant d’oublier  que la RDC a neuf pays qui lui sont frontaliers. Et pour les six autres pays, il n’a rien proposé. Il a aussi oublié de nous dire de quel budget proviendra la colossale somme d’argent pour construire ces longues et grandes murailles.

Le nouveau pont de la Ruzizi en reconstruction. Bukavu est a votre droite
Le nouveau pont de la Ruzizi en reconstruction. Bukavu est a votre droite

Ironie du sort : sur le terrain, les choses se passent autrement que ce que Monsieur l’opposant  veut : un long pont est en train d’être jeté entre le Rwanda et la RDC sur  la rivière Ruzizi qui sépare la ville Bukavu de la préfecture de Cyangugu. En fait, ce pont  remplace l’ancien construit, il y a belle lurette, tout en bois et qui était devenu vétuste.

Pour tout autre renseignement concernant le financement et la durée d’exécution,  la pancarte placée à chaque bout du pont nous éclaire :

Maître d’ouvrage : Ministère des finances (RDC).

Financé par : 9è Fond Européen de développement.

Délai : 12 mois. Démarrage : 15/7/2011.

Coût : 3 553 975 Euros. Exécution par Safricas Congo.

En clair, c’est le gouvernement congolais qui a pris cette initiative, soutenu par le fond européen.

Ce pont contient tout un enseignement : Entre les peuples, il faut jeter des ponts et non construire des murailles. Pour preuve : Ceux qui avaient érigé le long et redoutable mur de Berlin l’ont fait tomber eux-mêmes. Et notre « honorable » nous fait une proposition qui ne nous sert à rien au vingt et unième siècle. Les déclarations tapageuses de cet honorable député de l’opposition  prouvent à suffisance qu’il n’est même pas informé sur ce qui se passe dans son propre pays qu’il prétend défendre. Il demande à la RDC de vivre en vase clos à l’heure de la mondialisation où le monde est devenu un grand village planétaire. Entre Bukavu et Cyangugu, il se passe d’importants échanges commerciaux. Entre les peuples, il faut l’entraide et les échanges. On se souvient encore des fières paroles du feu président  Mobutu Sese Seko : « Avoir neuf pays frontaliers, il faut être le Zaïre ». C’est donc une fierté d’être entouré d’autant de pays. Et donc, il faut renforcer la coopération bilatérale entre les pays environnants. Seulement voilà : il faudra à la RDC de redoubler la vigilance à la frontière en dotant ses services de sécurité et de renseignement de  bons agents incorruptibles et des matériels de contrôle dignes de ce nom pour que le rendez-vous du « donner et du recevoir », tant prôné par Sénghor,  ne soit pas au détriment du seul peuple congolais comme on le constate amèrement aujourd’hui. Pour remédier aux défaillances constatées jusqu’ici aux frontières poreuses et perméables de la RDC qui favorisent infiltration, intrusion et autres fraudes,  pas besoin d’ériger des murailles et des rideaux de fer.

A l’honorable député de l’opposition et à tous ceux qui pensent comme lui,  nous disons qu’il n’y aura pas de mur entre les peuples mais bien des ponts et des ponts solides avec, à la clé,  une sécurité et vigilance robustes et redoublées. On ne le dira jamais assez : La proposition de Jean Claude M’vuemba est  mal venue et donc,  sans objet et de nul effet sur terrain de la coopération internationale. C’est donc pour rien qu’il a surchauffé ses amygdales. Ses propositions qui nous font reculer cent ans en arrière ne passeront pas.

Reportage d’Hugues Mambo

Pour lire ce qui se passe à la frontière entre le Congo et le Burundi, Suivez ce lien http://bukavuonline.com/2013/06/des-passages-illegaux-mais-benefiques-aux-frontieres-entre-le-burundi-et-la-rd-congo/.

2 réflexions au sujet de « RD Congo – Rwanda : Des ponts et non des murailles entre les peuples »

  1. Tout a fait d’accord à propos de cet article, il y a assez de murs de la honte dans le monde, et qui ne solutionnent rien. Même si les relations avec les voisins sont complexes et certainement douloureuses, il faut garder le contact « établir des pont » au sens propre et au sens figuré avec ses voisins, développer un véritable dialogue, se respecter.
    Il suffit de passer un peu de temps au bord de la Ruzizi pour apprécier tous les échanges commerciaux qui s’y passent. Les uns ont besoin des autres. Et aussi je connais des travailleurs frontaliers qui empruntes régulièrement ce pont. Ce qu’il faudrait surtout c’est assouplir les formalités douanières, rendre les choses plus soubles. Si des personnes mal intentionnées veulent passer les frontières, elles n’ont pas besoin de pont, Elles disposent de suffisamment de moyens pour traverser le lac. Mais peut-être qu’il serait quand même prudent de dresser un grand, un très très grand mur tout autour du lac Kivu. Cette magnifique construction amèneraient peut-être beaucoup de visiteurs pour observer cette merveille, comme on vient voir la grande muraille de Chine!

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