Goma : les tirs d’obus sur la population sont un crime de guerre, selon le général Carlos Cruz1 Commentaire

Par Radio Okapi
Posté le 24 Août 2013 à 5:42

Le Commandant de la force de la Monusco, le général Carlos Alberto Do Santos Cruz, qualifie de crime de guerre le fait de tirer des obus  sur la population civile. Il l’a déclaré le samedi 24 août au cours de la conférence de presse qu’il a animée à Goma conjointement avec le patron de la Monusco, Martin Kobler, après des tirs d’obus qui ont tué trois personnes dans la ville.

Le lieutenant-général Carlos Alberto Dos Santa Cruz, chef d'Etat-major des forces armées de la Monusco (Juin 2013)

Le lieutenant-général Carlos Alberto Dos Santa Cruz, chef d’Etat-major des forces armées de la Monusco (Juin 2013)

Selon un communiqué de la Monusco, deux obus, tirés par le M23, sont tombés dans le quartier de Ndosho, faisant trois morts, plusieurs blessés et provoquant d’importants dégâts matériels. En colère, la population est descendue dans la rue pour protester contre ces actes de violence.

« Cette situation est inacceptable compte tenu qu’on s’attaque aux populations civiles. La population civile n’est pas un objectif militaire. C’est un crime contre l’humanité. Il est inacceptable de voir des groupes qui créent des situations de ce genre », a déclaré le général Carlos Cruz.

L’officier onusien a également affirmé que la Monusco est engagée sur le champ de bataille et est prête à prendre tous les risques pour défendre la population de Goma.

Le général Carlos Cruz a également dénoncé les manipulations du M23 qui veut dresser la population contre les Nations-unies.

Pour sa part,  le porte-parole des FARDC, Colonel Olivier Hamuli, qui a également participé à cette conférence de presse, a  confirmé la participation et l’appui de la Brigade d’intervention de la Monusco aux cotés des militaires congolais depuis la reprise des combats. Après près d’un mois d’accalmie, les rebelles du M23 affrontent les militaires congolais à 15 km de Goma depuis le mercredi 21 août dernier.

De son côté, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a appelé les habitants de Goma à soutenir les FARDC.

« Laissez les FARDC faire la guerre. Laisser la Monusco assister les FARDC. Soutenons-les », a-t-il déclaré.

Au sujet des manifestations qui ont eu lieu à Goma dans la matinée, il a appelé les habitants de la ville à exprimer leur déception « d’une manière qui ne désorganise pas notre sécurité ». « Sinon, a-t-il poursuivi, nous faisons le jeu de l’ennemi ».

Une église bombardée a Goma.

Goma

Revenant sur les obus qui sont tombés sur la ville de Goma depuis le vendredi, Lambert Mende a affirmé que plus de la moitié d’entre eux sont partis du Rwanda.

« Parmi les 12 obus qui sont tombés sur Goma depuis hier. Il y a plus de la moitié qui sont partis du district de Rubavu au Rwanda. Et nous avons identifié même les localités d’où ces obus sont partis. Deux localités dans le district de Rubavu et une localité en dehors du district frontalier de Rubavu. Les Rwandais nient bien sûr. Mais tout ce que nous leur demandons c’est de prendre la peine de vérifier », a-t-il expliqué.

Lors d’une conférence de presse le vendredi à Kinshasa, Lambert Mende avait qualifié ces tirs d’obus «de crimes de guerre et crimes contre l’humanité», invitant les Nations unies et la Cour pénale internationale à en tirer les conséquences.

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1 Commentaire

  1. Ambroise

    44. Le cadre juridique est essentiellement l’article 3 commun aux quatre Conventions de Genève du 12 août 1949. Toutefois, les autres dispositions des Conventions et le Protocole additionnel II illustrent l’interprétation à donner de cet article, et certains principes peuvent être considérés comme relevant du droit international humanitaire coutumier : interdiction des violences sexuelles à l’encontre des femmes (art. 27 de la Convention IV); interdiction des attaques dirigées contre des populations civiles (art. 13 du Protocole II); protection des biens indispensables à la survie de la population civile (art. 14 du Protocole II).

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