Les rebelles du M23 réclament une partie du Congo; Rutshuru.0 Commentaires

Par admin
Posté le 18 Sep 2013 à 5:13

A Kampala, le M23 multiplie des exceptions dans le but d’éloigner davantage l’espoir d’un accord pour le retour de la paix. Sa dernière trouvaille est la création d’une zone tampon autour de Rutshuru, territoire passé sous son contrôle depuis plus d’une année. Quand on sait que l’ex-Yougoslavie est passée par le même processus avant son éclatement, cette proposition est un piège qui fera le lit du projet de balkanisation de la RDC.

Un rebelle du M23 a Rubare, pres de Rutshuru. Photo AP

Un rebelle du M23 a Rubare, pres de Rutshuru. Photo AP

Le dialogue entre Kinshasa et le M23 à Kampala végète. Aucune avancée significative n’est encore enregistrée, une semaine après la réouverture de ces pourparlers sous la pression de la communauté internationale. Le vis-à-vis du gouvernement a sérieusement revu son cahier des charges, en y annexant de nouvelles revendications. A telle enseigne que les deux parties peinent à parvenir à un accord dans un bref délai, quand bien même la facilitation ougandaise garderait encore un certain optimisme.

Poussant dernièrement son outrecuidance, le M23 a brandi son arme fatale. Il a exigé la constitution d’une zone tampon autour de la partie du territoire de Rutshuru passée sous son contrôle depuis environ une année.

Que peut-on entendre par zone tampon ?  Généralement, il s’agit d’une zone située entre deux entités géographiques ou biogéographiques. Elle peut lier ou séparer les deux entités. L’expression peut avoir plusieurs sens, selon la fonction ou le type de zone tampon, ou encore la raison pour laquelle il existe une séparation ou un lien. Elle peut être temporaire ou durable. Ses objectifs peuvent être politiques ou autres.

Dans le cas du M23, c’est une façon de se préserver contre une attaque éventuelle des Forces armées de la RDC ou de la Brigade d’intervention des Nations unies.

L’EX- YOUGOSLAVIE EST PASSEE PAR LA

En exigeant la création autour des localités conquises une zone tampon, le M23 s’inspire à tout point de l’expérience mise en œuvre par la communauté internationale dans l’ex-Yougoslavie. Le démantèlement de l’ex-Yougoslavie a commencé par la délimitation des zones tampon entre communautés avant de les encourager à l’auto-détermination. La RDC n’est pas prête à revivre la même expérience.

Si en ex-Yougoslavie, la guerre a eu une forte connotation ethnique, mettant aux prises différentes communautés au regard de leur appartenance religieuse, il n’en est de même des guerres à répétition dans l’Est de la RDC. Celles-ci ont tout d’une guerre de prédation, car le peuple congolais n’a jamais renié, ni renoncé à son unité.  L’argument identitaire maintes fois brandi par les commanditaires du morcèlement de la RDC n’est qu’une fuite en avant. Qui ne tient pas la route.

Ainsi, invoquer une zone tampon autour de Rutshuru, c’est consacrer un no man’s land où les agresseurs de la RDC, particulièrement le Rwanda et l’Ouganda, vont se livrer à cœur joie au pillage des ressources du sol et du sous-sol congolais. L’on voit très mal le gouvernement de la RDC ou la communauté internationale accède à une telle demande. Répondre positivement à cette nouvelle revendication du M23, c’est autrement consacrer dans les faits la balkanisation de la RDC.

Ce ballon d’essai du M23 est loin d’être porteur dans la mesure où la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco) s’est catégoriquement opposée à la création d’une zone tampon dans le Nord-Kivu. Le porte-parole de la mission, Madnodje Mounoubai, l’a affirmé le mercredi 11 septembre au cours du point de presse hebdomadaire de la Monusco. Selon ce dernier, le plus urgent est d’instaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, en boutant dehors le M23 du territoire qu’il contrôle.

Ce qui est vrai c’est que le M23 multiplie des exceptions pour retarder davantage la conclusion d’un accord avec Kinshasa. Il cherche à gagner du temps, qu’il mettra à profit  pour se réorganiser après les revers subis de la part des FARDC soutenues par la Brigade de la Monusco. Sa stratégie, qui est en synergie avec ses parrains, consiste à préparer une contre offensive militaire en vue de récupérer les terrains perdus. Il est facile de comprendre les actes de provocation que multiplie le Rwanda à la frontière commune afin de relancer les hostilités.

Kigali est déjà dans la logique d’un nouvel échec des pourparlers de Kampala. Il voudrait parer à toute éventualité. Il appartient à Kinshasa de rester vigilant et ne pas dormir sur ses lauriers.  La zone tampon que réclame le M23 est un piège qui va mener inexorablement à la balkanisation de la RDC.

Toutefois, le peuple congolais résistera et s’opposera jusqu’au bout à ce projet macabre qui passe pour une négation de la souveraineté de la RDC. Fort du soutient de la nouvelle confession de foi de la communauté internationale qui tient et met en garde contre l’intangibilité des frontières de la RDC héritées de la colonisation.

Via 7sur7.cd

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