Des commerçants rwandais développent l’agriculture du Sud-Kivu0 Commentaires

Par Syfia RD Congo
Posté le 17 Oct 2013 à 5:43

bukavu from rwandaLa production agricole augmente au Sud-Kivu depuis deux ans que des commerçants rwandais fournissent aux paysans des semences et des produits phytosanitaires. Ils achètent ensuite leurs récoltes qui reviennent sur les marchés de Bukavu sous forme de farines dont les prix sont depuis lors en baisse.

Ces deux dernières années, de nombreux commerçants rwandais aident les paysans de quelques localités du Sud-Kivu à produire plus en leur fournissant des semences, des engrais et des produits phytosanitaires. Ils estiment, en effet, comme Innocent l’un d’eux, que, dans cette province, l’agriculture peut donner de meilleurs rendements si les agriculteurs ont accès aux intrants, ce qui n’est généralement pas le cas.
En échange, les agriculteurs, qui bénéficient de l’aide des Rwandais, leur vendent leurs récoltes, en particulier de maïs et de manioc. ″Ils les apportent dans leur pays pour les traiter et les transformer. Ensuite, ils nous ramènent de la farine à Bukavu et dans bien d’autres localités de la province déjà bien emballée dans des sacs de 25 ou 50 kg ″, explique Mashii Mwagalwa, propriétaire d’une exploitation agricole à Kamanyola, à 33 km au sud de Bukavu.
Ce soutien pousse plus d’un agriculteur à mettre plus d’efforts sur l’agriculture, souvent négligée ces dernières années, qui leur profite désormais. ″Je paie les frais scolaires de mes deux enfants grâce à mon activité champêtre financée par un homme d’affaires rwandais, se réjouit Serge Mashanga de la plaine de Ruzizi, au Sud-Kivu. Il me fournit les produits phytosanitaires à crédit, remboursables après la récolte. Je compte ajouter deux autres hectares, pour en avoir au moins trois lors de la prochaine saison culturale.″.

Des échanges satisfaisants pour tous
Grâce à ce travail de concert avec ces commerçants, les petits agriculteurs locaux commencent à développer ce secteur. ″Avant qu’ils ne débarquent, ma femme et moi n’arrivions pas à mener d’énormes projets agricoles. Aujourd’hui nous nous approvisionnions régulièrement en produits phytosanitaires et grâce à eux nos plantes sont bien soignées. Certains d’entre nous ont recours à des hommes d’affaires rwandais pour négocier des variétés de semences de céréales à haut potentiel de rendement’’, se réjouit Baudouin Luminino, agriculteur. Ainsi, finis les gaspillages liés au transport et les droits de passage aux frontières pour aller chercher les semences au Rwanda ou pour y apporter des récoltes à vendre.
Des nombreux agriculteurs reconnaissent l’utilité de ces aides. Sans elles, ils avouent ne pas être compétitifs sur les marchés compte tenu de leurs faibles récoltes. Ils sont aussi encouragés par l’intérêt que portent ces commerçants rwandais à leurs récoltes.
Pour ces hommes d’affaires, la production rwandaise ne suffit pas. ″Il fallait recourir aux récoltes des paysans Sud-Kivutiens puis les transformer afin de fournir de la farine en abondance dans leur province″. ″C’est, renchérit Riziki Estella, agricultrice, ce qui leur a même permis d’ouvrir des dépôts de farine de manioc et de maïs à Bukavu.″ Grâce à quoi, le prix des farines baisse à Bukavu. Le prix d’un sac de farine semoule 25 kg varie de 14 à 16 $ contre 20 à 22 $ ces deux dernières années. Idem pour la farine de manioc dont le prix a été divisé par deux.

Fidèle Mutchungu

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