Dr Mukwege, Prix Nobel de la Paix 2013? L’espoir Congolais s’est envolé0 Commentaires

Par Hugues Mambo
Posté le 11 Oct 2013 à 9:32
le Docteur Denis Mukwege, connu sous le nom du « Docteur qui répare les femmes »,

le Docteur Denis Mukwege, connu sous le nom du « Docteur qui répare les femmes »,

Son nom figurait sur la liste des nominés. On y croyait fermement. On espérait. Et comme c’était le vendredi, on a jeûné et prié pour sa réussite. On est resté, qui les yeux hyperbranchés sur l’écran de la télévision, qui l’oreille colée à son poste récepteur. On attendait cet événement car on y voyait un honneur pour le pays. Pour les habitants de la Ville de Bukavu, de tous les 257 autres candidats en lice, c’est lui le grand favori et personne d’autre. On a croisé les doigts pour que ce soit lui qui remporte ce prix Nobel de la Paix 2013 car il le mérite. Lui, c’est le Docteur Denis Mukwege, connu sous le nom du « Docteur qui répare les femmes », ce gynécologue congolais âgé de 58 ans. Il est l’actuel médecin directeur de l’hôpital de Panzi, à Bukavu. Il s’est fait connaitre au Congo, comme partout ailleurs dans le monde, pour les soins qu’il apporte aux femmes victimes des violences sexuelles dans le Kivu.

Du soutien, pour ce Prix Nobel de la Paix, il en avait : Un sondage sur le site de la Radio Okapi  de Kinshasa a révélé que 68% des visiteurs pensaient que le fait d’être nominé est déjà une reconnaissance pour son travail. 35% ont soutenu, dur comme fer, que le Docteur Mukwege gagnerait ce grand prix. Seule une infime partie des participants n’y croyait pas. La balance penchait du côté du Docteur Mukwege. On voyait venir ce grand prix.

A la fin, et rien n’est venu. Décidément, le dieu de la chance était de l’autre côté. « L’homme qui répare les femmes » a loupé ce prix Nobel. Sur un mur Face Book qui annonçait cet événement avec fracas, on y retrouve tout un mélange des sentiments après que le résultat ait été rendu public :

« Partie remise. Il faut aussi savoir que donner le prix Nobel au Docteur Mukwege signifie que le monde entier sera au courant de la complicité des lobbies occidentaux pour les viols, pillages et massacres en RDC, donc silence! »

« Je suis triste. Mais bon ce n’est pas grave. Ce sont des choses qui arrivent. Dans la vie, on a pas toujours ce qu’on veut, quand on veut ».

« Il n’y a rien pour rien! Dommage pour lui, car les victimes et la guerre sont méconnues et oubliées par l’opinion internationale. »

«  Le Docteur Mukwege mérite le soutien, la sympathie et l’encouragement de ses frères que nous sommes. Un homme qui porte très haut l’image (exceptionnelle) d’un congolais dévoué pour l’intérêt général doit recevoir de la reconnaissance de notre part. Le Prix Nobel est une vitrine dont le Congo a été privée car cela aurait conduit à la sur médiatisation de la cause que notre Docteur défend: les exactions perpétrées à l’Est de la RDC ».

« Les violences sexuelles que connait la RDC, c’est une nouvelle arme de guerre qui tue plus que l’arme atomique et d’autres armes de destruction massive »

Après l’échec, il faut se consoler. Même si le Docteur Mukwege vient de louper ce prix Nobel de la Paix, on retiendra néanmoins que ce gynécologue congolais a un parcours élogieux et son palmarès, qui n’est pas vide, en est la preuve éloquente. Dans son actif, plusieurs prix déjà gagnés :

  • 2008 : Prix Olof Palme et le Prix des Droits de l’homme des Nations Unies
  • 2009 : –  Prix Français de Droit de l’homme et Chevalier de la Légion d’honneur Française

–   Africain de l’année par une Association de presse africaine

  • 2010 : Prix Van Goedart (Pays Bas)
  • 2011 : Prix Roi- Baudouin et Prix de Paix de la Ville d’Ypres (Belgique)

L’important, a dit la Bienheureuse Teresa de Calcutta, ce n’est pas de réussir mais d’être fidèle. Le Docteur Denis Mukwege est resté fidèle à sa ligne de conduite : aussi longtemps qu’il y aura des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre dans le Kivu et ailleurs en RDC, il ne baissera pas ses bras : avec sa voix, il le dénoncera haut et fort la recrudescence des viols et, avec ses mains, il travaillera pour « réparer » les femmes violentées afin de leur redonner le sourire et l’espoir de vivre.

Et c’est sa fidélité qui lui donne la force. Il sait qu’il n’est pas seul dans ce dur combat. Il a le soutien massif  de toutes les femmes du Kivu, comme il n’a cessé de le dire:

« Ma force ? Le courage de poursuivre ? Ce sont les femmes du Kivu qui me le donnent, par leur exemple quotidien. Humiliées par les violences qu’elles ont subi, brisées, ayant tout perdu, elles trouvent tout de même le courage de repartir dans la vie, de se lancer dans un petit commerce, de retourner aux champs malgré les dangers…C’est pour elles qu’après la tentative d’assassinat dont j’ai été victime, je suis revenu à Panzi… »

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