Une malade mentale abusée a Kisangani, Elle a eu 12 enfants en 13 ans.

Kisangani : Douze enfants de pères inconnus pour Elisée la folle

Seule dans la rue depuis qu’elle souffre de troubles mentaux, cette femme est régulièrement violée sans doute par des policiers ou des militaires. En 13 ans, elle a eu 12 enfants…

elisee la folle kisanganiEn 13 ans de vie dans la rue, depuis qu’elle a été atteinte de troubles mentaux, Elisée a eu 12 enfants de pères inconnus. Avant, elle en avait déjà trois de son mari. Sa belle famille lui reprochait d’être agressive au début de sa maladie. « Puis elle a commencé à déambuler avec ses trois enfants dans la ville », raconte Julienne Zabibu sa sœur biologique.
La trentaine révolue, cette femme affectueusement appelée par les policiers « mère double » passe la nuit au rez-de-chaussée du bâtiment du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Des hommes normaux profitent de son état mental pour abuser d’elle en lui donnant de petits cadeaux, rapporte un revendeur de cartes prépayées installé en diagonale du CICR. Ce sont des policiers, des militaires des Fardc et des civils qui gardent les maisons et bureaux des alentours. « Elle venait avec du savon de toilette, de la lotion, de la poudre, du sucre… reçus de je ne sais où. Elle dit que ce sont des policiers qui l’engrossent », témoigne sa sœur. Difficile de le prouver, car tout se passe la nuit. Les habitants aux environs disent apercevoir souvent des hommes lui faire la cour.
Pour Marie-Josée Otshumba, avocate près la cour d’appel de Kisangani, il s’agit de viols, car cette femme n’a pas la lucidité pour donner son consentement. Les auteurs de ces viols doivent être punis sévèrement selon la loi sur les violences sexuelles. « Je suis étonnée de voir que cette ‘folle’ réside dans un lieu public tout proche du bureau de la police et des gardes républicains qui peuvent assurer sa sécurité, mais elle est toujours victime de viols », s’étonne cette avocate. Elle ajoute aussi qu’il est difficile d’ouvrir un dossier contre ses bourreaux, car ils ne sont pas identifiés.
Selon une couturière qui la côtoie, Elisée est de nouveau grosse. Et pourtant, Paulin Longange, l’infirmier titulaire du centre Wandugu, signale que lors de son dernier accouchement, sa santé était déjà en danger. Certaines personnes de sa famille plaident pour qu’on lui ligature les trompes afin qu’elle ne tombe plus enceinte.
Quant aux enfants, certains sont dans la maison Saint Laurent de l’Eglise Catholique qui encadre les enfants de la rue, les filles vivent chez les religieuses. « 

Hortense Basea

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