« Le M23 est mort là où il est né… » Et après?3 Commentaires

Par Hugues Mambo
Posté le 06 Nov 2013 à 3:01

Le M23 est mort là où il est né : sur les collines de Chanzu et de Runyonyi.  Son certificat de décès a été signé par les Fardc, ce mardi 5 novembre 2013, c’est le moins que l’on puisse dire de ce énième mouvement rebelle qui a semé terreur, désolation et mort au sein de la population congolaise vingt mois durant. Ce mouvement donnait l’air d’être un corps très organisé, avec ses deux branches militaire et politique, si bien qu’il s’était rendu redoutable aux yeux de pas mal d’observateurs. Les dirigeants de ce mouvement rebelle croyaient dur comme fer que leur M23 était sorti de la cuisse de Jupiter et donc, inébranlable parce qu’invaincu jusque là. Le contraire s’est produit : Aujourd’hui, l’histoire du M23 se conjugue au passé simple.

Le president Joseph Kabila et celui du Rwanda Paul Kagame a droite. Y a t il place a la paix dans la région?

Le president Joseph Kabila et celui du Rwanda Paul Kagame a droite. Y a t il place a la paix dans la région?

Face à la « puissance de feu » de l’armée régulière, les rebelles ont commencé par reculer arguant que c’est un « repli stratégique », puis, ils ont changé de tactique pour se concentrer sur des collines. Là encore ils se sont vus poursuivis par l’armée régulière. Finalement, ils ont cédé face aux bombardements conjoints de l’armée congolaise appuyée par les forces des nations unies. Le proverbe africain qui dit que quand on n’a où s’abriter et qu’il pleut, on n’a d’autre choix que celui de prendre le chemin de la maison. Les rebelles et leurs dirigeants se sont dirigés tout droit d’où ils sont venus : Du Rwanda et de l’Ouganda. Inutile de pointer du doigt ces deux pays, les choses sont plus que claires maintenant. Pour celles et ceux qui continuent à se  demander jusqu’alors sur « le pourquoi du comment » de la victoire écrasante des Fardc sur le M23 retiendront que cela provient d’une conjugaison de plusieurs efforts : le réveil de l’armée républicaine et des nations unies après qu’ils se soient fait critiquées amèrement juste après la chute honteuse de la ville de Goma aux mains des rebelles.  Si l’armée régulière avait été critiquée pour avoir détalé devant l’ennemi, les nations unies, elles, s’étaient rendues coupables pour son incapacité à stopper la progression des rebelles. Pour redorer leurs blasons ternis par ces critiques acerbes, une réorganisation était au rendez-vous de deux côtés : le commandant des opérations ainsi que le commandant de la région militaire au Nord Kivu ont été changé. Les « traitres » ont été déboutés. Les Nations Unies ont aussi fait quelques réaménagements de l’équipe. De deux côtés, il y a eu du sang neuf. Du nouveau souffle pour un nouveau départ. Ajouter à cela la population du Kivu qui a apporté son soutien inconditionnel (tant matériel que moral) aux forces armées sur les lignes des fronts, remontant leur moral au zénith. Un autre élément favorisant était la faiblesse du M23 connu pour ses dissensions « ethniques » internes et le manque, cette fois-ci,  de soutien de la part des leurs parrains. Tous ces facteurs mis ensemble ont produit la « frappe chirurgicale et foudroyante » et le résultat est là.

Comme un bon entraineur d’une équipe de football, l’actuel commandant des opérations militaires au Nord Kivu doit tout de suite oublier la victoire de la veille pour s’atteler au démentiellement du deuxième nom sur la liste, après le M23 : le Front Démocratique de la Libération du Rwanda. Ici, ce n’est pas comme le M23. Celui-ci occupait un espace donné et s’y était retranché, ce qui facilitait les choses lors de l’attaque. Le Fdlr, lui, n’est pas né de la dernière pluie. Il n’a pas vingt mois d’existence comme le M23, mais bien vingt ans sur le sol congolais. Pire,  on n’en connait point le nombre, on ne sait vraiment pas leur localisation précise tant ils occupent les quatre points cardinaux du Kivu et d’ailleurs. Plus encore, certains d’entre eux ses sont dilués dans la population congolaise. Avec ce groupe des anciens militaires hutus venus du Rwanda, il sera question de mener une « bataille asymétrique » contre eux. On a à faire à « des commandos invisibles ». Une fois cette bataille gagnée, l’alibi qu’a toujours brandi le Rwanda pour marcher sur le Kivu à temps, à contre temps et entre-temps, sera pour toujours balayé. Pour y arriver, il faudrait éviter toute précipitation car l’ennemi est dans la maison. Même la parole de Dieu donne la tactique de combat avec ce sage conseil : « Quel est le Roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? » Les commandants des opérations militaires doivent s’asseoir, calculer pour voir si on  a de quoi aller jusqu’au bout pour éviter les railleries et les moqueries en cas d’échec. Notre mémoire fonctionne : On n’a pas oublié les opérations conjointes des Fardc et RDF du Rwanda « Umoja Wetu ». On se rappelle toujours des opérations conjointes des Fardc et  de la Monusco « Amani Kamilifu » et « Amani Leo ». Tout cela c’était pour traquer les mêmes Fdlr. Qui ne sait pas que c’était un fiasco total ?  L’éternelle question revient: « Qui crée toutes ces rébellions à l’Est de la RDC  et pourquoi ? ».  La réponse : quelques grandes puissances via les multinationales et  le Rwanda,  dans le seul but d’exploiter les richesses du sous sol congolais.

Alors, puisqu’on le sait, la RDC se contentera-t-elle à ne combattre seulement que les effets sans combattre les causes ? Elle devrait commencer la guerre diplomatique avec le Rwanda et celle économique avec les multinationales.

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3 Commentaires

  1. shukulu 1960

    Très bonne analyse Mr Mambo, je te remercie. Je ne suis pas du même avis que toi lorsque tu dis que les FDLR sont des « commandos invisibles », pour moi il suffit que nos stratèges militaires lancent un appel envers eux comme quoi nous allons les accompagnés chez eux à K…, ils tous devenir « VISIBLES ». Je crois que tu m’as compris.

  2. steve

    this is an editorial of the year! les FDLR n’existent au Congo que dans la tete de Kagame pour intrumentaliser ses ideaux. la dipolmatie et amener ces multinationaux a causer avec les congolais sont la cle du pro.

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