PARTICIPATION DE LA RD CONGO A LA FORCE DE LA MISCA EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE0 Commentaires

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Posté le 21 Déc 2013 à 12:15

POINT DE PRESSE DU MINISTRE DES MÉDIAS, PORTE PAROLE DU GOUVERNEMENT

lambert mende conference de presse

PARTICIPATION DE LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO A FORCE DE LA MISCA EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Mesdames,

Messieurs de la Presse,

Comme vous le savez, depuis quelques mois, la République Centrafricaine, pays membres comme le nôtre de la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC) avec lequel la République Démocratique du Congo partage une frontière commune, traverse une grave crise humanitaire et sécuritaire grave. Les événements qui se déroulent dans ce pays frère ont plongé des centaines de milliers d’hommes et de femmes dans des souffrances indicibles qui révoltent la conscience des peuples africains et de l’humanité toute entière.

Le conflit qui a conduit au changement de régime politique dans ce pays a entrainé dans son sillage une série de séditions et de sévices qui ont coûté la vie à plus d’un millier de personnes inoffensives.

Aujourd’hui, il est de notoriété publique que les affrontements plus ou moins circonscrits des derniers mois sont en train d’évoluer très dangereusement. Selon des informations crédibles parvenues au gouvernement, alors qu’aux tous premiers jours, la querelle avait une connotation politique, on assiste au fil des jours à l’irruption de motivations ethniques ou identitaires avec un élargissement exponentiel du rayon des victimes des violences.

Le peuple congolais a suffisamment expérimenté les terribles débordements que peut provoquer une gestion velléitaire de tels conflits identitaires. Nous avons vécu, nous sommes en train de vivre très durement les conséquences d’une de ces conflagrations ethniques nées dans notre voisinage. En effet, ce sont des désordres de même nature, quoique de plus grande intensité,

survenus au Rwanda, sur une petite partie de notre frontière orientale, qui ont été à la base de la déstabilisation récurrente des provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu au cours des deux dernières décennies. Il ne serait pas responsable pour les institutions politiques de ce pays de faire comme si rien n’était au moment où des périls de même nature assombrissent l’horizon chez un autre de nos voisins au Nord.

Il n’est pas inutile de noter les statistiques de notre Commission Nationale des Réfugiés renseignent que notre pays, la République Démocratique du Congo, héberge près de 50.000 réfugiés centrafricains, exactement 49.838 qui, fuyant les exactions, ont sollicité et obtenu l’asile dans notre pays à la suite du conflit en cours. 4.569 de ces frères et sœurs centrafricains réfugiés ont traversé la frontière ces dernières heures malgré la fermeture de ladite frontière. Ce qu’ils fuyaient devait être particulièrement horrible pour qu’ils risquent ainsi de défier la décision de fermeture des frontières. Pour des raisons humanitaires, il a bien fallu les admettre sur le territoire.

À ce jour, de nombreux compatriotes qui avaient choisi de vivre et travailler en terre centrafricaine y sont pris en étau par les factions belligérantes. Certains d’entre eux ont été malheureusement tués sans qu’il soit possible à l’heure actuelle d’identifier les responsables de ces crimes horribles. Plusieurs autres sont, au moment même où nous parlons, en errance dans des forêts inhospitalières, livrés aux intempéries de toutes sortes pour fuir la folie meurtrière des factions rivales. Ceux de ces concitoyens qui ont réussi à traverser la frontière pour rentrer à la maison ont perdu tous leurs biens et constituent un fardeau supplémentaire pour notre pays qui a déjà fort à faire avec la réhabilitation du Nord et du Sud Kivu, victimes d’une guerre d’agression finissante.

Toutes ces considérations permettent de comprendre pourquoi ces événements qui déstabilisent la République Centrafricaine sont une préoccupation constante pour la République

Démocratique du Congo qui a, dès les premières manifestations de la crise dans ce pays voisin, appelé de tous ses vœux une solution susceptible d’y rétablir et consolider la paix et la sécurité.

La détérioration de la situation humanitaires et sécuritaire est réelle et palpable sur toute la longueur de la frontière qui sépare notre pays de la République Centrafricaine. Cette frontière commune s’étend de Libenge (province de l’Equateur) à l’Est jusqu’à la localité de Ndu, territoire de Bondo (Province Orientale), soit 1.577 kilomètres de frontière entre les deux Etats.

L’impact de cette détérioration de la situation en Centrafrique sur la sécurité et le bien-être des populations congolaises sur tout cet espace est loin d’être une simple vue de l’esprit. La mission qu’effectue aujourd’hui même à Gemena notre collègue Richard Muyej, qui a en charge le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité est directement liée à ce souci que donne au Gouvernement l’évolution de la situation dans cette partie de notre territoire.

En tout état de cause, cette situation ne peut en aucune manière laisser indifférentes les autorités congolaises au premier rang desquelles le Président de la République, Chef de l’Etat.

C’est la raison pour laquelle, en réponse à la requête des instances de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale et de l’Union Africaine, le Président de la République Démocratique du Congo et Commandant Suprême des FARDC, Son Excellence Monsieur Joseph Kabila Kabange, vient de décider d’une contribution en hommes de troupes à la Mission Internationale de Stabilisation de la Centrafrique (MISCA) qui est en cours de déploiement en République Centrafricaine.

Cette contribution en hommes de notre pays au processus de normalisation en Centrafrique constitue, au regard de ce qui vient d’être dit, un apport important et utile à cette stabilisation de la situation dans notre région de l’Afrique Centrale dont notre pays ne peut pas se passer. Dans les détails, le contingent de la

République Démocratique du Congo à la MISCA est constituée d’un Bataillon d’infanterie. Ce Bataillon se compose de 850 éléments qui ont été prélevés dans une des unités d’élite actives au sein des vaillantes Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

 

Mesdames, Messieurs de la presse,

L’intérêt opérationnel de la participation des forces régulières congolaises à la Mission de Stabilisation de la Centrafrique (MISCA) réside notamment dans la proximité du théâtre des opérations qui permet, entre autres avantages de réduire sensiblement les coûts.

Il est bon que l’opinion sache que le gouvernement de la République Démocratique du Congo dispose d’ores et déjà des moyens requis pour la projection des unités affectés à ce contingent congolais.

De l’avis de la haute hiérarchie des FARDC, 3 à 4 jours seraient amplement suffisants pour effectuer le transfert des troupes à partir de la RDC. Les autorités congolaises compétentes néanmoins tenu à se donner une marge de 15 jours, le temps d’affiner tous les préparatifs multiformes du contingent pour une action efficiente et efficace pour le rétablissement de la paix en République Centrafricaine.

En terminant mon propos sur cette importante initiative de la République Démocratique du Congo pour la paix dans la région d’Afrique Centrale, je voudrais vous informer de ce que la Mission Internationale de Stabilisation de la Centrafrique (MISCA) qui est à l’heure actuelle une mission sous les auspices de l’Union Africaine va devenir dans un délai de 3 à 6 mois une mission de paix des Nations-Unies.-

Je vous remercie.

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre des Médias, chargé des Relation avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

 Porte-parole du Gouvernement

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