« Les cimetières sont pleins d’hommes intègres » – Colonel Mamadou Ndala Mustapha0 Commentaires

Par admin
Posté le 03 Jan 2014 à 11:21
RIP Colonel Mamadou M. Ndala

RIP Colonel Mamadou M. Ndala

Hier, à la mi-journée, la ville de Goma est consternée par ce qu’elle apprend : « Le Colonel Mamadou Mustafa Ndala, Commandant des opérations militaires au Nord-Kivu, est tombé sous les balles des assaillants qui lui ont tendu une embuscade près de Beni », annonce-t-on sur les antennes d’une radio locale. La mort de cet officier supérieur de l’armée nationale FARDC, victorieux contre la rébellion M23 il y a à peine trois mois, attribuée officiellement à des hommes armés par le

©Photo Wassy Kambale groupe armé étranger ougandais ADF / NALU opérant dans la partie nord de la Province du Nord-Kivu, pose la question de la protection des officiers et du fonctionnement des services de renseignement militaires. En effet, la ville de Beni est située à 350 Km au Nord de Goma et Mavivi, son aéroport, à 5Km de là. Comme il était affecté dans la région pour éradiquer les groupes armés encore actifs, il aurait dû y trouver les abords d’un site stratégique comme l’aéroport sécurisé. C’est pourtant dans cette zone que son véhicule a été brulé par une roquette.

A quelques jours du 4 janvier, Journée Nationale des Martyrs, les habitants de Goma tiennent en mains une figure positive à laquelle ils se réfèrent pour parler d’hommes incarnant le patriotisme congolais. Intervenant en mai dernier sur les antennes d’une radio locale, le colonel Mamadou déclarait : « En tant que défenseur des causes nobles que sont la Démocratie et la Liberté défendues par des peuples et des citoyens affaiblis des années et des années, je déclare que la victoire est pour nous parce que c’est un Devoir. S’il faut verser notre sang, nous allons le verser pour la cause de la Liberté et de la Démocratie. Je vais combattre jusqu’au retrait du dernier soldat étranger du territoire congolais. »

Hélas !! Il est parti avant la réalisation de ce rêve !!! Les responsables de la rébellion rwandaise FDLR viennent de décréter, à partir de Walikale au Nord-Kivu, « un cessez-le-feu unilatéral pour demander un dialogue inter rwandais avec le pouvoir de Kigali. » La réaction du Ministre provincial de l’Intérieur en dit long sur ce qu’il faut en penser : « Ces gens qui déclarent un cessez-le-feu se battent contre qui ? Est-ce contre les rwandais ou ce sont des congolais qu’ils tuent ? »

A Goma, où les taxis motos circulent toutes phares allumées, l’homme de la rue dit que :

« La mort de Mamadou fait mal parce que ce n’est pas au front qu’il aurait dû se trouver

mais dans un repos bien mérité après tout ce qu’il a fait pour libérer Goma et ses environs. » Mme Jeanne Maua, l’une des femmes commerçantes qui s’approvisionnent à Kampala, estime avec beaucoup d’espoir que : « en apprenant l’âge du colonel Mamadou, 34 ans, on peut croire au changement en RDC quand des jeunes qui saisissent les causes du marasme congolais agissent en opposition au modèle qui dirige le pays. »

La légende est en marche. La Société Civile du Nord-Kivu et la population de la partie nord de la province observent une journée ville morte en mémoire de « l’Homme qui a sauvé le Nord-Kivu» quand le gouverneur de la province demande à chacun de se préparer à célébrer

« un nouveau Héros qui priait cinq fois par jour » à l’occasion de la Journée Nationale des Martyrs ce 04 janvier. Birago Diop ne savait pas si bien dire quand il écrivait qu’en Afrique : « Les morts ne sont pas morts ». Une étoile vient de s’éteindre, il appartient à la RDC d’en découvrir une autre.

Goma, 03 janvier 2014 Prosper Hamuli Birali

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