LE PHÉNOMÈNE « Kimbirikité » ET SON SENS EN R.D. CONGO2 Commentaires

Par admin
Posté le 15 Mar 2015 à 1:34
Iringa, statue ya Barega

Iringa, statue ya Barega

La culture africaine est riche, la tradition complexe. Complexe puisqu’elle offre ici et là des branches aussi incomprises que perpétuelles. Au cœur de l’Afrique, la République Démocratique du Congo a son lot de coutumes. Le système Kimbirikité en est une. Adrien AMBANENGO a abordé la question de cette tradition.
Selon lui, le terme « Kimbirikiti » (Kimbirikité/Kimbilikiti) vient du Sud-Kivu (Est de la RDC). Cette province considérée comme le point de ralliement des jeunes garçons de l’Est du pays désireux ou appelés à participer à toute cérémonie rituelle sensée rester secrète par son caractère. Ce rituel initié par une divinité protectrice de la culture tribale Rega (ou Lega), s’anime autour d’un esprit appelé « Kimbirikiti ».

Mais c’est finalement dans le territoire de Shabunda (Sud-Kivu) que nous sommes partis chercher le sens du mot. Venu du Swahili, langue bantoue, « Kimbirikiti » est un dieu sensé protéger une culture. Il s’agit d’une incarnation de l’identité tribale Rega/Lega telle que nous l’a affirmé Mme Soraya dans une discussion sur Twitter. Cet esprit serait aussi au cœur des cérémonies « Bwali » faisant allusion à la circoncision, longtemps valorisée autant que l’excision en Afrique de l’ouest, comme rite par lequel les jeunes garçons Rega/Lega sont initiés à une vie d’adulte.

D’une durée de 30 jours, le « Kimbirikité » se déroule en pleine foret le long du Nord et du Sud-Kivu et du Maniema, loin des curieux. Au retour du rite, les conversations doivent se passer entre les initiés (circoncis) dans la plus grande discrétion sous la crainte de mauvais sorts. Quant au « médecin » traditionnel, dieu protecteur de la culture, sa voix ne cesse de résonner en pleine foret en attente de nouveaux candidats à l’initiation.

Plus au Sud de la République Démocratique du Congo, à Lubumbashi (Province du Katanga), le sens du mot change. Un chauffeur de bus de transport public vous prend pour une destination, mais pour besoin de gagner beaucoup et vite, il vous abandonne en milieu du chemin, avant le terminus. On dit alors qu’il pratique le « Kimbirikité ». Le concept aurait été adopté par la municipalité qui qualifie aussi ainsi « ces chauffeurs de Taxi-bus qui ne se conforment pas aux règles exigeant l’alignement par ordre d’arrivée des chauffeurs dans un parking ».

Et voilà une découverte de plus, grâce à la collaboration de l’un de mes lecteurs. Aujourd’hui, cette culture fait mouche selon les deux sens donnés. Vous en savez quelque chose ? N’hésitez pas à compléter. Les richesses culturelles africaines, surtout congolaises, sont incommensurables. Pourvu qu’on les promeuve !

©Fidèle BWIRHONDE ©fideleblog.canalblog.com

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2 Commentaires

  1. Dunia

    Merci de ce rappel sur l’une des nombreuses africaines. C’est un sujet qui me tient a coeur. Je voudrai savoir ce que ca represent aujourd’hui!

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