Dans l’est du Congo, des ONG profitent du «business du viol»

Aux confins de la République démocratique du Congo (RDC), dans la région du Kivu frontalière avec le Rwanda, les femmes sont les premières victimes des guerres civiles et des milices qui ont ravagé la région depuis des décennies. Depuis le début des années 2000, le Kivu est devenu «la capitale mondiale du viol» si l’on en croit l’expression utilisée par les médias du monde entier.

Selon une enquête de l’American Journal of Public Health, 48 femmes y seraient violées par heure. Ce qui représente 500.000 femmes violées en l’espace d’un an. Des chiffres difficiles à croire mais repris un peu partout, par exemple par le quotidien britannique The Guardian dans un article consacré au sujet: «La ville de Minova, un des lieux où la violence sexuelle est la plus omniprésente dans le pays, est surnommée par l’ONU la « capitale mondiale du viol »», explique ainsi The Guardian. Lors du sommet mondial contre les violences sexuelles qui s’était déroulé à Londres en juin 2014, le chiffre de 500.000 viols sur des femmes congolaises, mais cette fois sur une période s’étalant entre 2004 et 2013, avait également été avancé.

D’où viennent ces chiffres, tous différents? C’est la question que se pose la journaliste Marion Quillard au cours d’une longue enquête menée à Bukavu, dans le Sud-Kivu, pour le numéro 31 du trimestriel XXI. Et l’envers du décor ne ressemble pas vraiment au discours vendu par les dizaines d’ONG installées dans la région.

«No viols, no jobs»

Dans l’hôpital Panzi du très célèbre docteur Mukwege, qui est présenté lors des sommets internationaux comme le médecin qui a soigné 40.000 femmes victimes de viols de guerre, la journaliste de XXI découvre que ces chiffres sont très largement majorés. Entre 2004 et 2013, le programme européen «Victimes de violences sexuelles» dénombrait officiellement 32.247 femmes victimes de viols dans l’hôpital de la ville de Bukavu, là où le docteur Mukwege opère les victimes. C’est donc moins que les 40.000 «vendus» par les ONG et médias. De plus, sur ce nombre de 32.247 opérations, 13.071 Congolaises ont en fait été opérées pour des déchirures de la fistule obsétricale, qui peut survenir lors d’un accouchement difficile. «Entre 2004 et 2013, l’hôpital a donc opéré 19.176 victimes de violences sexuelles, quand les médias internationaux avancent le chiffre de 40.000», note XXI.

  Dans une étude intitulée «Fonds de commerce», deux chercheuses néerlandaises se sont également penchées sur le «business du viol» dans l’est de la RDC. Et leur conclusion est sans pitié pour les ONG qui opèrent dans le Kivu.

«Une importance excessive est donnée aux statistiques, lesquelles sont basées sur les cas déclarés,  concernant l’analyse des violences sexuelles, écrivent-elles. Les statistiques sont – largement à la demande des donateurs – utilisées pour analyser les problèmes, lever des fonds et rapporter les résultats sur le terrain. Les limites et les lacunes dans la collecte des données sont omniprésentes (…) Parmi les facteurs qui contribuent à l’inflation des statistiques, on observe notamment l’exagération délibérée des chiffres pour lever des fonds, les doublonnages dans les recensements, une assistance médicale à des non-victimes de viols…»

Dans les rues de Bukavu, un dicton affirme dans un mélange de français et d’anglais: «No viols, no jobs». «Aujourd’hui au Kivu, les ONG ne soignent plus, elles cherchent des statistiques (…) les programmes sur le terrain sont idiots, mais ça contente tout le monde tant qu’il y a des budgets», affirme un travailleur dans l’humanitaire à XXI. Dans les villages de la région, les ONG rémunèrent des «relais» pour rapporter les cas de viols. Une pratique qui là aussi pousse à l’inflation des chiffres.

«Pourquoi préciser qu’il est impossible d’avoir des statistiques au Congo. Que le Congo est un pays sans Etat, sans recensement depuis 1984?»,dénonce sur le ton de l’ironie XXI.

Slateafrique via http://www.dakaractu.com/Dans-l-est-du-Congo-des-ONG-profitent-du-business-du-viol_a96136.html

Vidéos: Écouter les Sénateurs dire NON au Projet de Loi Électorale

Suivez ce que pensent les sénateurs du projet de loi électorale qui a causé le soulèvement du peuple Congolais. #TELEMA #Congo

 

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Pour l’amour du Congo et les martyrs de ce mois de Janvier 2015.

 

 

Les FARDC sauvent de justesse la sœur Paula Lwarhiba et le couvent d’Uvira a Kalundu

Dieu étant grand vient de sauver ma famille cette nuit à 00h heure de l’Est plus précisément à Uvira vers Kalundu où ma grande sœur, la sœur religieuse Paula Lwarhiba de la congrégation des sœurs Piccole filles communément appelées les soeurs de Kalundu a échappé à la mort par assassinat.

La scène s’est passée dans la nuit de ce mercredi à jeudi lorsque un groupe d’ hommes lourdement armés ont réussi à pénétrer dans le couvent des  » sœurs de kalundu » jusqu’à forcer les portes en cassant vitres, serrures du bâtiment d’habitation et cela après avoir maîtrisé la sentinelle dans l’enclos.

Ces malfrats en quête de la soeur supérieure auprès de qui voulaient obtenir l’argent ont eu le malheur de tomber sur la porte de la chambre de la soeur paula Lwarhiba qu’ils ont menacée de mort si elle ne montrait pas où se cachait la soeur supérieur de la nationalité italienne supposée garder l’argent du couvent.
S’obstinant à sacrifier la soeur recherchée, soeur paula Lwarhiba jura ne rien connaître sur les traces de sa soeur supérieure.

Pris de colère, ces bandits en ont profité pour tout prendre de la chambre de la soeur paula, téléphones et argent destiné au payement scolaire des enfants démunis de la contrée. Ceci après lui avoir demandé à leur donner 50.000 dollars que la pauvre n’en avait pas.
C’est que ces malfrats l’ont malmenée dehors pour qu’elle opère les choix entre être assassinée ou dévoiler où se cacherait la soeur supérieure. Chargeant l’armée pour en finir avec la soeur paula Lwarhiba qui résista à ne céder même aux menaces dernières minutes sur choisir la mort ou viol. Une discussion entre les bandits surgit entre les pour et les contre de l’acte de viol à opérer sur l’infortunée. Minutes après des coups des balles retentissent dehors. Déjà le secours de l’armée alertée par une de soeur qui se cachait derrière l’armoire d’une de chambre a su joindre discrètement l’unité de l’armée la plus proche. C’est le sauve qui peut, abandonnant la soeur. Ils étaient bien nombreux. Ainsi soeur paula Lwarhiba trouvera la vie sauve.
L’évêque d’uvira vient d’ordonner que ces soeurs se retirent momentanément d’uvira pour bukavu en attendant que leur sécurité et celle du couvent soient garanties par les autorités compétentes.
Contactée, soeur Paula Lwarhiba rend grâce à Dieu et pardon à ceux là qui ont voulu attenter et leur vie mais se dit regretter du fait qu’elle va manquer ses élèves qu’elle enseigne pendant le temps forcé qu’elle passera à bukavu. Son souhait est de retourner vite à kalundu rejoindre ses élèves qui démunis risquent de rater les cours.
Dieu merci pour ma grande soeur !

Par Maitre Lwarhiba, frere de la soeur Paula Lwarhiba

Dr. Mukwege: 700.000$ de Taxes non payés par l’hôpital de Panzi

Le Docteur Mukwege, lauréat du prix Sakharov, refuse de payer les impôts. D’où la mesure de saisie des comptes pour fraude de l’hôpital de Panzi qu’il dirige.

Cette décision n’a aucune visée politique, selon le ministre de la Santé Félix Kabange Numbi qui s’est exprimé sur RFI au sujet de cette affaire.

Selon Kinshasa, le montant de la fraude s’élève à près de 47. 000 dollars en 2012 et 650 000 dollars en 2013, ce qui explique la saisie des comptes de l’hôpital, apprend-on.

Pour le moment, Kinshasa n’a pas fourni d’explications sur la différence des montants d’une année sur l’autre. Pour le ministre de la Santé, Félix Kabange Numbi, il s’agit d’un cas de fraude fiscale.

« Ce que j’ai eu comme information, c’est que cette saisie des comptes concerne le non-paiement des IPR de 2012 et 2013. Ainsi, vous comprenez que le délai a été largement dépassé. Il y a eu plusieurs efforts de conciliation par la DGI auprès de l’hôpital qui malheureusement n’ont pas abouti ou bien il y a eu carrément un rejet de l’hôpital et cela a obligé la DGI à prendre une décision d’autorité », a déclaré à la radio mondiale, le ministre Félix Kabange Numbi qui a par ailleurs démenti le fait que cela pourrait être en lien avec les déclarations du Dr Mukwege ou encore ses prises de position politiques.

« C’est un cas de fraude fiscale. Même moi, en tant que ministre de la Santé, je ne vais pas cautionner le fait que l’hôpital qui a contractualisé, de manière privée, refuse de payer l’impôt pour ce personnel et qu’on puisse trouver une justification politique. Non. Ce n’est pas une justification valable.

Il faudrait qu’on aille sur les faits et les faits sont là. Il faut éviter, lorsque l’on a fauté, d’essayer de trouver des explications sur le plan politique », a-t-il insisté, avant d’assurer que la continuité des soins sera garantie et que des discussions sont en cours pour permettre à l’hôpital de fonctionner sans argent.

600 millions de francs pour l’exercice  2013-2014

Selon une source locale, les responsables de la Direction générale des impôts (DGI) Bukavu affirment que cette formation médicale doit à l’Etat congolais une bagatelle somme de 43 millions de francs constituant la part des impôts que les agents de l’hôpital de Panzi devaient à l’Etat congolais en 2012.

Cet impôt devait être déclaré et payé par l’employeur de cet hôpital à la DGI. Ce qui n’a pas été fait, selon les mêmes sources, d’où la mise en œuvre de la procédure de recouvrement forcé.

Les mêmes responsables précisent qu’il y a une autre taxation de 600 millions de francs qui concerne l’exercice  2013-2014 (652 174 USD), que l’hôpital de Panzi doit à l’Etat congolais et qui devraient être perçus conformément à la loi.

MMC – digitalcongo.net

108 nouveaux jeunes pour la protection du parc national de Virunga

Le week-end dernier était très mouvementé au centre de formation d’Ishango situé dans le Territoire de Beni en Province du Nord-Kivu.
Une journée marquée par la cérémonie de grande parade marquant la fin de la formation des 108 nouveaux Eco-gardes dont 10 jeunes filles.

virunga movie guards female

Pendant six mois environs, ces Gardes-parc ont appris des notions théoriques de base et pratiques pour la protection de l’intégrité du Parc National des Virunga, sa faune et sa flore.

Dans son adresse à ces nouveaux jeunes engagés pour servir le pays, le Directeur Provincial et Chef de site Emmanuel de Merode, a tout d’abord exprimé ses sentiments de satisfaction pour la réussite de cette formation et de remerciement aux Lauréats. Il est revenu sur la tâche de ces nouveaux Eco-gardes pour faire face au défi majeur qui les attend. «Le monde entier nous regarde par rapport à un service que nous rendons à toute l’Humanité, celui de préserver ce site, le Parc des Virunga, une de grandes valeurs, un des plus grands trésors au niveau mondial. Et donc, ça ressort de la fierté du pays que nous réussissions ce défis, celui de protéger et d’assurer l’avenir du PNVi». Emmanuel de Merode a rappelé que le parc National des Virunga n’est pas seulement un site naturel, mais c’est également une très grande opportunité pour le développement économique et social de la République Démocratique du Congo à travers quatre piliers, notamment le Tourisme, l’énergie, l’agriculture et la pêche; D’où la nécessité de le préserver. « Vous avez une très grande responsabilité, et pour y arriver, il faut être avant tout intègre et honnête, de respecter la hiérarchie et les ordres car l’objectif c’est de devenir une institution de gestion des parcs nationaux qui est la plus disciplinée et la plus professionnelle au monde », a-t-il recommandé.

virunga movie demerode

L’autre temps fort de cette cérémonie était le défilé et la démonstration de certaines notions pratiques apprises notamment le maniement d’armes et les techniques de tir, l’application des techniques de premiers secours sur soi ou ses collègues en toutes situations, les tactiques et application des différentes techniques de combat face à des menaces, des techniques de self défense ainsi que d’autres exercices d’endurance physiques.

Signalons que ces Gardes-parc, recrutés dans différents coins de la province ont été équipés en uniformes et matériels nécessaires pour renforcer la capacité opérationnelle de l’ICCN. Cette formation qui est la troisième depuis le lancement du processus de la réforme et professionnalisation de la gestion du Parc National des Virunga, a bénéficié du soutien de la Fondation Howard G. Buffet.

Le Parc National des Virunga, site du patrimoine mondial, est victime des braconnages, la pêche illicite sur le lac Edouard, la carbonisation et le package des vaches ainsi que l’agriculture en violation de la loi.

Olivier Mukisya – ICCN Rumangabo / Nord-Kivu

A Goma on vit un mythe, LE MYTHE DE TANTALE

goma veut l eau

MYTHE: Fouillez dans la mythologie grecque, vous trouverez le supplice de Tantale. On y raconte que Tantale était roi de Phrygie et très apprécié de Zeus. Tantale a abusé de ses privilèges en dérobant des mets réservés aux dieux pour les faire goûter aux mortels : le nectar et l’ambroisie.
L’outrage était manifeste, mais Tantale a fait le pire: pour « tester » le don de prescience que l’on attribuait aux dieux sans réelle certitude, il égorgea l’un des fils de Zeus, Pélops, et le servit comme plat à la table du roi des dieux…
Ce crime était affreux si bien que Tantale a été condamné au supplice éternel de la soif : Plongé dans l’eau jusqu’au cou, il était impossible à Tantale de boire, l’eau disparaissant à chacune de ses tentatives.


RÉALITÉ: Les habitants de Goma n’ont pas dérobé des mets réservés aux dieux ; ils n’ont pas non plus égorgé qui que ce soit. Cependant, dans le quotidien, ils subissent le même supplice que Tantale : Ils n’ont pas d’eau aux robinets alors qu’ils habitent une ville bordée par le Lac Kivu, l’un des grands Lacs d’Afrique : A Goma, le mythe de Tantale est vraiment une réalité.
Comme Tantale, entouré d’abondance, mais condamné aux affres du manque, ainsi en est –il des habitants de Goma. Ils habitent près d’un grand lac mais meurent de la SOIF !

J’ai écouté la « soif » des fils de mon peuple et je dis aux gouvernants de cette ville qui continuent à faire la sourde oreille: « GOMA VEUT DE L’EAU ! »

[youtube WKYu0iIiIoQ]

Mon Cher Congolais, l’histoire n’attend que toi pour changer son cours

Chaque heure, une femme meurt sur le lit d’accouchement. Chaque nuit un homme ou une femme est gratuitement assassiné. Chaque minute une femme est violée. Chaque seconde, des millions des francs congolais enrichissent mafieusement une poignée de citoyens. Toujours des crimes sont impunis, des injustices sont justifiés, des abus sont tolérés. Toujours un homme ou une femme est gênée par une situation inacceptable.

On ne s’y habitue pas…

En attendant, le temps ne nous aide pas. Nous voilà 54 ans après l’indépendance du pays et nous attendons toujours. Certains décrivent le profil d’un sauveur et se cachent leurs responsabilités.

Au lieu de trouver des solutions au problèmes de chômage, de guerre et d’insécurité, d’injustice et de pauvreté, des milliers de congolais critiquent leurs dirigeants, maudissent leur propre Président de la République, s’entretuent pour leurs différences ethniques et tribales. Les employés de l’Etat accusent et calomnient leurs chefs. D’autres concitoyens, d’ici et d’ailleurs, sont des excellents donneurs de leçons.

Eh ! Que fais-tu pour changer ta situation. Tu as pourtant de l’intelligence et de la force. Cherche en toi le courage et l’amour et vient lutter avec nous dans le mouvement Lucha « Lutte pour le Changement.

Par ton impulsion, une actions peut être organisée. Par ta présence dans une action, notre force sera plus grande.

L’histoire n’attend que toi pour changer son cours. Autant que Patrice Emery Lumumba, Mamadou Ndala, Florybert Chebeya, et tous ces congolais qui ont refusé de se taire et de laisser pourrir la situation, tu es un potentiel sauveur. Décide-toi!

Tes batailles quotidiennes à la survie te font quémander ton existence. Tu protège ton souffle de vie dans de corps enchainé. Tu es esclave du minimum alors que la plénitude de vie est possible. Un militant c’est homme libre.
Brise les liens de la peur, Ose.

Certains disent que le problème est complexe, mais cela ne doit en rien te dédouaner sur ton inaction. Fais comme moi, fais ta part :
Si tu rencontre un politicien, ne lui cache pas ce qu’il y a dans ton cœur, n’observe pas les injustices sans les dénoncer, refuse la corruption, ne cherche pas à créer des problèmes, cherche plutôt à les résoudre, ne tombe pas dans la haine de ceux qui pensent différemment de toi. Par tes paroles et tes actions donne au monde le meilleur de toi.

Comme moi, de temps en temps, tu sera fier de toi, tu te découvrira, tu sera ton propre sauveur.

Enfin, tu sera un héro.

micheline mwendike

Micheline Mwendike

Les Femmes du Nord-Kivu contre les FDLR au Congo

Justine Masika, présidente de l'ONG "Synergie des Femmes"
Justine Masika, présidente de l’ONG « Synergie des Femmes »

Nous femmes du Nord Kivu, soucieuses de vivre une paix véritable et durable au Nord Kivu, et voir nos consœurs de l’Equateur et d’ailleurs en République Démocratique du Congo vivre également en paix ;

Victimes des exactions inhumaines incalculables dont sont coupables les réfugiés Rwandais de 1994, appelés ‘’FDLR’’, depuis près de 20 années ;

Sachant que les actes de terreur perpétrés par ce groupe négatif sont encore frais dans les esprits de toute la population de la Province du Nord Kivu, particulièrement dans les Territoires de Lubero, Walikale, Masisi, Rutshuru et Nyiragongo;

Connaissant que la RDC en général a tant souffert pour son hospitalité en accueillant tour à tour sur son territoire les réfugiés Tutsi et Hutu rwandais depuis l’accession du Rwanda à l’indépendance. Le Chef de l’Etat congolais, dans son discours à la tribune des Nations Unies à New York en septembre 2013, ne décriait-il pas cette situation  par ces mots: «  triste histoire de mon pays, une véritable tragédie dont l’ampleur n’a d’égale dans l’histoire de l’humanité et qui ne peut laisser cette dernière indifférente » ;

Sachant que c’est la Communauté Internationale, par le HCR, qui avait facilité l’entrée des réfugiés rwandais sur notre territoire avec toute leur armement, munitions et banques de 1994;

Considérant que le désarmement volontaire des éléments de FDLR et leur volonté manifeste de retour pacifique dans leur pays, le Rwanda, est une opportunité à saisir au bond et à matérialiser par le Gouvernement congolais et les Nations Unies ;

Vu que la Communauté Internationale et les Nations Unies par le biais de la MONUSCO ainsi que du HCR ne manquent pas des véhicules pour transférer ces FDLR des sites où ils se trouvent vers leur pays, le Rwanda ;

Etant donné que le Gouvernement congolais a toujours été un bon élève de la communauté internationale en acceptant toutes les leçons données et imposées par cette dernière, notamment les expériences du gouvernement 1+4, les diverses négociations et pourparlers les différentes rébellions sous l’égide des envoyés spéciaux des agresseurs du pays etc ;

Ne considérant pas comme acte de justice le fait pour le Gouvernement d’accepter d’amener les réfugiés rwandais FDLR en province de l’Equateur, partie Ouest de la R.D.Congo, à plus de 2.000 Kilomètres de la frontière avec le Rwanda, au lieu de les retourner chez eux,

Considérant que la stratégie d’amener les réfugiés rwandais plus loin de leur pays pourrait être une façon de les priver à toujours du droit d’appartenance à leur patrie, d’où ils sont venus et où ils doivent retourner pour être jugés et condamnés ou y pour vivre paisiblement pour les non coupables de crime de génocide ;

Contrariées par le fait que les graves violations des droits humains dont les actes de violences sexuelles et d’esclavage sexuel commis par les FDLR sur les populations congolaises du Nord Kivu et du Sud-Kivu sont sur la voie de la banalisation ;

Ne comprenant pas cette « logique » et les soubassements politiques qui sont à la base du transfert de la base MONUSCO de l’EST de la RDC vers l’OUEST, dans l’Équateur, de ces FDLR qualifiés de groupe négatif à éradiquer, des éléments par ailleurs reconnus pour leur cruauté et l’insécurité qu’ils font régner dans le Nord-Kivu ;

Effrayées  de voir que la décision prise par les autorités tant nationales, régionales et internationales d’éradiquer tous les groupes armés tant étrangers que nationaux est  maintenant sur la voie d’être jetée à la poubelle, une décision pourtant saluée par toute notre population ;

Tenant fortement à l’unité nationale de la R.D.Congo et à son indivisibilité ;

En tant que femmes et Mamans, ayant la ferme conviction qu’aucun parent responsable ne peut sacrifier ses propres enfants pour le plaisir de se plier à l’opiniâtreté du voisin ;

Considérant le souci suprême de la population congolaise, qui a tant souffert, de voir les réfugies rwandais de la FDLR, force négative, et tous les autres groupes armés être éradiqués du territoire de la RDC et être transférés à une justice internationale afin qu’une paix durable règne en la RDC et dans tous les pays de la Région des Grands Lacs ;

Nous les femmes du Nord Kivu lançons un cri d’alarme aux hommes et aux femmes épris de justice de la RDC et du monde entier et leur demandons de ne pas rester indifférents face à cette situation. Nous prions les autorités politiques de la RDC d’agir en toute souveraineté afin que la population des Territoires du Nord Kivu, celle de la province de l’Equateur ainsi que celles des autres provinces de la RDC soient épargnées de cette stratégie d’action qui tournerait encore contre notre peuple.

Nous demandons à Son Excellence Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en R.D. Congo, d’épargner notre peuple de cet énième malheur en soutenant la  délocalisation des sites de transit des réfugiés rwandais FDLR du territoire National congolais pour leur cantonnement direct dans leur pays, le Rwanda.

Notant que les ressortissants de la RDC sont expulsés du Congo Brazzaville de façon inhumaine sans que personne n’en parle, les femmes du Nord Kivu disent NON au transit des FDLR dans les territoires de la RDC et demandent aux Congolaises vivant au pays et celles de la diaspora d’être solidaires avec nous et se mettent débout pour dénoncer cette situation.

Fait à Goma, le  06 Juin 2014

                            Pour les organisations des femmes du Nord Kivu

1.     Collectif des Associations Féminines pour le Développement ‘’CAFED’’
2.     Plate Forme des Femmes du Nord Kivu pour un Développement Endogène ‘’PFNDE’’
3.     Dynamique des femmes Juristes
4.     Réseau Femme et Développement ‘’REFED’’/Nord Kivu
5.     Action pour la Réhabilitation des Filles Désœuvrés et de leurs Enfants ‘’ARFIDE’’
6.     Marche Mondial des Femmes ‘’MMF’’ Nord Kivu,
7.     Réveil des Femmes pour le Développement  Intégré ’’ RFEDI’’
8.     Synergie des Femmes pour les violences Sexuelle ‘’SFVS’’
9.     Cadre de permanent  de concertation de la femme congolaise ‘’ CAFCO’’ Nord Kivu
10.                       Association des Femmes Ménagères pour le Développement ‘’AFEMED’’
11.                       Association des Mamans Vendeuses des Divers ’’AMAVED’’
12.                       Association des Femmes Pour la Promotion Familial ‘’AFEPROFA’’
13.                       Association des Femmes Kimbanguistes du Congo ‘’AFKI’’/Nord Kivu
14.                       Cause commune /Nord Kivu
15.                       Dynamique Femme Justice et Paix
16.                       Département Femmes et Famille  de l’ECC/Nord Kivu
17.                       Encadrement des Femmes Indigènes et des Ménages Vulnérable ‘’EFIM’’
18.                       Fondation Mère et Enfant ‘’FME’’
19.                       Ligue des Femmes pour la Solidarité Congolaise ‘’LSC’’
20.                       Réseau Genre et Droit de la Femme ‘’GEDROFE’’/Nord Kivu
21.                       Union des Femmes Musulmanes du Congo ‘’UFMCO’’/Nord Kivu
22.                       Union des Femmes Paysannes Sinistrés ‘’UFPS’’
23.                       Association Nationale des Mamans pour l’aide au déshérité ‘’ANAMAD’’
24.                       Département des Femmes travailleuses dans l’économie informelle ‘’DFT/EI
25.                       Réseau Action Femme ‘’RAF’’ Nord Kivu
26.                        UWAKI Nord Kivu
27.                       FUPROS
28.                       AMACCO ‘’Nord Kivu
29.                       PACOFEDI
30.                       Wamama Wa Jamaa ‘’WWJ’’

Vidéo Témoignage des Femmes Violées a Minova

femmes violées de minova, est du congo

190 viols, un meurtre et 825 cas de pillages, voilà ce que les avocats ont recensé.
Le résultat d’une dizaine de jours de débâcle et de nuits d’horreur fin 2012, lorsque des centaines de soldats en déroute fuient les rebelles du M23 et atterrissent dans la localité de Minova.

39 membres de l’armée sont jugés pour de graves violations des droits de l’homme commis en novembre 2012 dans la petite localité de Minova, au Congo.

[vimeo 93413985]

Honorine Munyole, chasseuse de violeurs à Bukavu

Honorine Munyole rit beaucoup et aux éclats. Surtout de l’image de « femme difficile«  que l’on a d’elle à Bukavu, la ville où elle commande l’unité de police en charge de la protection de l’enfance et de la famille. Mais rien ne la décourage : « Qu’on me haïsse ou pas, je continuerai à pourchasser les violeurs ».

Par Yves Zihindula, Bukavu

honorine de bukavu

À la place du béret, une simple coupe de cheveux tissés. Pour une fois, Honorine n’est pas dans son habituel uniforme de policière. Des sourcils bien épilés, du vernis rose sur les ongles et des boucles d’oreille plaquées or, s’accordant parfaitement avec ses chainettes autour du cou. « Il m’arrive parfois de m’habiller autrement. D’ailleurs nous sommes en mars, le mois de la femme ! », plaisante-t-elle, s’esclaffant de rire.

« C’est l’image qui me colle à la peau »
La personnalité d’Honorine est loin de ce qu’on décrit dans les rue de Bukavu : ferme et sévère, parfois intraitable. Elle pousse un fou rire lorsqu’on le lui rapporte : « Malheureusement c’est l’image qui me colle à la peau. On me reproche de malmener les hommes, pourtant je ne fais que mon boulot : celui de traquer les récalcitrants face aux droits des enfants. » La responsable de l’unité en charge de la protection de l’enfance et de la famille au commissariat de police du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, est intransigeante à ce sujet.

Accessible, Honorine reçoit des gens tous les jours et sans rendez-vous au commissariat, dans le quartier Labote de Bukavu. Des femmes pour la plupart. Dans un couloir obscur, quelques femmes attendent à l’extérieur du bureau. La majorité d’entre elles a l’air terrifié et triste. Elles se couvrent de pagnes, comme pour se protéger des exactions dont elles ont été victimes et qu’elles viennent dénoncer. « Ces femmes constituent la preuve qu’il existe toujours des abus contre les enfants et les femmes à Bukavu et dans le Sud-Kivu. Rien n’a changé », s’insurge-t-elle.

« Juste une aventure »
Honorine travaille au commissariat de police du Sud-Kivu depuis 1997, l’année charnière de sa vie : le dictateur Mobutu est chassé du pouvoir, l’ex-Zaïre devient la République démocratique du Congo, l’armée et la police recrutent. À l’époque, elle surprend son entourage en intégrant le corps de la police nationale : « Personne ne s’attendait à ce choix. C’était juste une aventure. J’avais envie de découvrir comment on devient femme policière. J’adorais les séries télévisées policières. Je voulais, au moins une fois, me trouver dans la situation », lâche-t-elle.

Le premier dossier de sa carrière sera celui du problème des enfants sorciers. Des enfants sont accusés par des adultes de pratiquer la sorcellerie. Des églises de réveil exorcisent des mineurs jusqu’à maltraiter certains. Alors jeune commissaire, Honorine doit lutter contre ces exactions. Elle enquête, interpelle et attaque en justice des pasteurs et des parents récalcitrants. « Avec l’aide de mes collègues, nous avons réussi à éradiquer le phénomène d’enfants sorciers à Bukavu. On ne parle presque plus jamais de cela », se félicite-t-elle.

Fonctionnaire fauchée
Avec le temps, l’ancienne commissaire apprentie est devenue une professionnelle avérée. « J’ai concentré mes efforts sur la lutte contre les violences sexuelles depuis un temps. Qu’on me haïsse ou pas, je continuerai à pourchasser les violeurs », lâche-t-elle. À Bukavu, les acteurs de la société civile félicitent les actions d’Honorine dans cette lutte. Parmi eux, Angèle Birindwa, militante des droits des femmes dans le Sud-Kivu : « Honorine est sensible et agit avec efficacité en ce qui concerne la répression de criminels. Grâce à elle, nous avons réussi à instaurer la peur dans le camps des violeurs. »

Aujourd’hui, Honorine est satisfaite du travail accompli, mais pas du sort réservé aux agents de l’ordre au Congo. « Nous sommes mal payés par le gouvernement. Les partenaires étrangers ont pris le rôle de l’État en nous défrayant », avoue-t-elle. Honorine reconnaît être en conflit avec sa fille aînée qui déteste le métier de policier, notamment à cause des faibles salaires. « Elle ne souhaite jamais faire le même métier que sa mère. Je crois qu’elle a raison. Elle est souvent renvoyée de l’école par faute de paiement de frais scolaires. Pourtant elle est la fille d’un colonel de la République », se lamente-t-elle.

Mais malgré sa situation financière précaire, Honorine est fière de ce qu’elle fait pour son pays. « Oui, c’est très difficile de faire ce métier au Congo, mais ce qui me réconforte c’est de servir mon pays à un moment crucial. L’histoire retiendra cela. J’encourage les jeunes générations à faire de même ».

Source: http://www.rnw.nl/afrique/article/honorine-munyole-chasseuse-de-violeurs-%C3%A0-bukavu-en-rdc