Le président Joseph Kabila a Bukavu pour 2 heures, ce 22 Dec 2015

Le chef de l’Etat congolais est arrivé, mardi 22 décembre à la mi-journée, dans la ville de Bukavu (Sud-Kivu), dans le cadre de sa tournée qui l’a conduit à Goma, Matebe, Beni et Butembo (Nord-Kivu).

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Selon le protocole d’Etat, Joseph Kabila devrait tenir un conseil de sécurité sur place  à Bukavu, suivi d’une rencontre avec les notabilités locales.

La même source affirme que le président de la République ne va séjourner dans la capitale provinciale du Sud-Kivu que pendant deux jours.

Avant Bukavu, le chef de l’Etat est passé à Butembo, ville située à 280 km au nord de Goma, où il a inauguré le nouveau bâtiment de la mairie.

Mais avant de se rendre à Butembo, le chef de l’Etat avait réuni dimanche à Beni-ville, le commandement de la 3e zone de défense des FARDC  et l’Etat-major des opérations Sokola 1, en présence du gouverneur du Nord Kivu, Julien Paluku Kahongya.

Selon des sources sécuritaires, au cours de cette réunion, le chef de l’Etat a donné aux militaires de nouvelles orientations et instructions concernant la traque des rebelles ougandais ADF. Ces derniers sont accusés d’avoir commis de diverses exactions contre les populations civiles dans le territoire de Beni.

Arrivé à Beni, samedi dernier, le chef de l’Etat s’était directement rendu à Oicha, où il avait rencontré les représentants des différentes couches sociales et ceux de la société civile pour évaluer la situation sécuritaire dans la zone.

Après ces rencontres, il s’était adressé à la population de Beni devant l’esplanade du bureau de l’administrateur du territoire de Beni. Dans son discours, Joseph Kabila avait réaffirmé sa ferme volonté de neutraliser les ADF.

A Oicha, Joseph Kabila avait aussi visité le camp FARDC de Mukakira pour se rendre compte des conditions de vie des militaires engagés aux fronts contre ces rebelles ougandais.

La société civile de Beni avait appelé Joseph Kabila à relancer des opérations conjointes FARDC-Monusco contre les ADF.

Texte et Vidéo du discours du président Joseph Kabila, État de la Nation 2015

14 DECEMBRE 2015.

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Honorable Président de l’Assemblée Nationale,

Honorable Président du Sénat,

Honorables Députés et Sénateurs,

Je suis devant vous ce jour, une fois de plus, afin de rendre compte de l’état de la Nation.

A ce sujet, comment ne pas évoquer, au seuil de Mon propos, la catastrophe naturelle que viennent de connaitre plusieurs villes et localités de notre pays, du fait des inondations causées par des pluies diluviennes, et qui ont entraîné la perte de plusieurs dizaines de vies humaines.

Au-delà des mesures déjà prises, et de celles en cours pour prévenir et faire efficacement face à ces genres de situations à l’avenir, Je tiens à exprimer, au nom de la Nation attristée et en mon nom personnel, nos sincères condoléances à toutes les familles éprouvées.

En mémoire des victimes de ces inondations, comme de ceux de nos compatriotes qui, au cours de l’année 2015, sont tombés sur les différents théâtres des opérations militaires ou nous ont quitté, dans l’exercice de leurs charges publiques ou non, Je vous prie de garder une minute de silence.

Honorables Députés et Sénateurs,

L’état de la Nation congolaise ce lundi 14 décembre 2015 est pour le moins contrasté, l’embellie dans certains secteurs ne pouvant occulter les préoccupations légitimes de chacun de vous dans d’autres.

Tel est cependant le sort commun à toutes les Nations du monde.

Motif de satisfaction, voire de fierté légitime, je commencerai par relever le fait qu’en dépit des multiples défis, demeure préservé l’héritage commun nous légué par les héros et martyrs de notre indépendance, à savoir: un Congo uni, libre et véritablement souverain, dans les limites de ses frontières internationales héritées de la colonisation.

Nous y sommes parvenus grâce à nos forces de défense et de sécurité et au concours de tous les Congolais, expression renouvelée de notre vouloir vivre collectif et de la complicité exemplaire entre le peuple et son armée.

Dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, les forces négatives, défaites militairement il y a une année, par nos vaillantes forces armées, sont passées de la guerre conventionnelle à des actes terroristes ciblés auxquels nos forces de défense et de sécurité s’emploient à mettre fin avec le concours actif et précieux de nos populations.

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La situation dans les zones frontalières du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, fait également l’objet d’une attention particulière de nos forces de sécurité, en raison du flux des réfugiés en provenance du Burundi.

La même approche prudentielle et préventive est de mise dans les localités frontalières à la République Centrafricaine, pays où nous avons été amenés à dépêcher une unité de nos forces armées afin de contribuer, sous l’égide des Nations unies, à la normalisation de la situation politique et sécuritaire.

Nous félicitons ici tous les éléments de cette unité, dont l’efficacité opérationnelle reconnue de tous au niveau de la communauté internationale, inspire estime et considération.

Fidèle à son hospitalité légendaire et à sa vocation régionale et africaine, notre pays sera toujours aux côtés de nos frères et soeurs d’autres pays en détresse, tout en prenant les dispositions qui s’imposent pour prévenir toute atteinte à sa propre sécurité et à celle de ses habitants.

C’est dans cet esprit que s’inscrit la mise en service d’un système d’identification et de repérage des passagers qui est déjà opérationnel au niveau de treize postes frontaliers sur les trente-trois prévus à l’horizon 2017. Ce système permet une information centralisée de contrôle des passagers et des documents de voyage, ainsi qu’une gestion saine et efficace des données migratoires.

En définitive, l’ensemble du territoire national est aujourd’hui sous le contrôle du Gouvernement de la République et le sera chaque jour davantage, en dépit de quelques poches de résistance résiduelles des forces négatives en voie d’éradication par nos forces armées et de police.

Honorables Députés et Sénateurs,

Au plan économique, notre pays a engrangé, au cours de ces dernières années, des performances remarquables en termes de stabilisation du cadre macroéconomique et de croissance économique, fruit d’une politique engagée depuis 2001. Cela va de nouveau se confirmer, au terme de l’année en cours, avec un taux de croissance estimé à 7,7%, un taux d’inflation de moins de 1% et des réserves internationales brutes évaluées à 1,46 milliards de dollars américains.

Ces résultats, combinés à une gestion rigoureuse des finances publiques, ont permis de renforcer les capacités de notre Pays à financer des investissements importants sur base des ressources nationales. C’est le cas notamment de la construction et de la réhabilitation des bâtiments publics et des infrastructures économiques, d’achat et de réhabilitation des unités de transport tant aérien, fluvial que ferroviaire.

La conjoncture économique internationale, marquée par la chute des cours de principales matières premières, appelle cependant à la prudence et à des mesures conservatoires.

Le ralentissement de l’économie mondiale et l’assombrissement des perspectives économiques internationales a eu, en effet, pour conséquence, la baisse des prix du cuivre et l’or, principales matières premières d’exportation de notre pays,

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respectivement de près de 19% et de 8% en moyenne à fin novembre 2015, la baisse du moral des chefs d’entreprises et une contraction des réserves budgétaires.

Il est à craindre que ces tendances entrainent comme risque, en 2016, la compromission des acquis de plusieurs années d’efforts de stabilisation et de relance économique.

Face à cette situation, J’ai instruit le Gouvernement de prendre des mesures visant, d’une part, à stabiliser la situation et, d’autre part, à améliorer la résilience de notre économie et à permettre une croissance soutenue de cette dernière grâce à une politique de diversification économique et d’industrialisation qui accorde une meilleure place aux secteurs porteurs dont l’agriculture, et qui privilégie les Zones Economiques Spéciales comme stratégie de mise en oeuvre.

La réhabilitation et la modernisation du domaine Agro-industriel de la Nsele et l’implantation des Parcs Agro-Industriels, à l’instar de celui de Bukanga-Lonzo dans la Province du Kwango est une parfaite illustration de cette politique.

En tant qu’expérience pilote de mise en oeuvre du plan national d’investissement agricole, l’essaimage de ces Parcs dans les autres provinces de la République sera accéléré dès le début de l’an 2016 et concernera prioritairement les 11 sites dont les études de préfaisabilité sont déjà disponibles.

Le Maniema, le Tanganyika, le Nord-Ubangui et le Kongo Central, sont à ce sujet déjà pré positionnés.

Par ailleurs, des mesures spécifiques d’encadrement des dépenses publiques et des réformes structurelles à impact rapide ont été arrêtées et un Comité de pilotage de haut niveau, ainsi qu’une Task Force chargés du suivi de la mise en oeuvre des mesures envisagées mis en place.

Le succès attendu de ces mesures ne sera cependant possible que si, plus que jamais, nous nous attaquons à la corruption, véritable pieuvre qui obère tous nos efforts de mobilisation des recettes et de développement.

Cette croisade doit mobiliser toutes les institutions de la république.

Honorables Députés et Sénateurs,

La stabilité macroéconomique n’étant pas une fin en soi, il est temps, plus que temps, de sortir des sentiers battus, de faire montre d’imagination et d’audace, de quitter le statuquo et d’aller vers le développement.

Ce qui passe par un appui soutenu à l’investissement public productif ; par la poursuite de l’amélioration du climat des affaires afin de stimuler l’investissement national et d’attirer plus d’investissements directs étrangers, et par l’exploration de sources nouvelles et innovantes de financement extérieur, sans omettre la possibilité de mobilisation de l’épargne interne.

L’impératif de l’adoption d’une Loi spécifique sur le partenariat public-privé s’inscrit dans cette même perspective.

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Il en est de même du positionnement de petites et moyennes entreprises, comme un de principaux moteurs de la nouvelle politique économique du pays, et qui devra se concrétiser par le renforcement des mécanismes d’appui et de financement à l’entreprenariat local, particulièrement celui des jeunes et des femmes.

C’est à ce prix que nous consoliderons nos efforts actuels de croissance, en rendant celle-ci plus inclusive ; que nous nous donnerons les moyens de poursuivre la révolution de la modernité en cours, dont les premiers jalons inspirent espoir et fierté légitimes ; que nous atteindrons le cap de l’émergence à l’horizon 2030, et que nous réduirons en conséquence, l’extraversion excessive de notre système économique.

Honorables Députés et Sénateurs,

Par-delà ces perspectives économiques qui interpellent, on peut se féliciter des progrès réalisés dans le cadre de notre programme de réhabilitation et de modernisation des infrastructures économiques.

C’est le cas dans le domaine des infrastructures routières où, en dépit de l’insuffisance des ressources financières, les efforts du Gouvernement ont permis de maintenir plus de 23.000 km de routes en état de praticabilité et d’assurer 19 liaisons sûres entre les 26 Chefs-lieux de provinces.

Ces efforts vont se poursuivre pour désenclaver les régions isolées du pays, principalement les zones à forte densité de population, et à grand potentiel de production agro-industrielle, et pour assurer la connectivité avec les pays frontaliers, de manière à garantir l’intégration régionale.

L’ambition est de développer un réseau routier répondant aux standards internationaux, c’est-à-dire, des routes revêtues et des ponts d’une capacité de 60 tonnes minimum, ce qui devrait permettre de poursuivre le désenclavement du territoire national et d’encourager la complémentarité multimodale route-rail-voie hydraulique, tout en respectant des normes environnementales conformes aux exigences du développement durable.

Au premier semestre 2016, le Gouvernement va ainsi finaliser un programme routier qui, avec l’appui des Partenaires, permettra d’entretenir environ 2.400 km de routes déjà livrés dans le cadre des accords de financements précédents, et de réhabiliter environ 800 km supplémentaires sur les axes Akula–Gemena–Libenge ; Boyabo–Zongo ; Kasindi–Beni ; Komanda–Bunia–Mahagi, et Goma–Kavumu.

Dans le cadre de l’aménagement en cours de la Nationale n° 1, il est prévu le bitumage des tronçons Pont Luvua–Tshikapa et Tshikapa–Kamwesha avec aménagement des voies secondaires et quelques infrastructures connexes : écoles, centres de santé, marchés, et infrastructures de stockage des produits agricoles.

Dans le cadre de la facilitation des échanges transfrontaliers, des dispositions ont déjà été prises afin de réduire le temps de voyage sur le trajet de Lubumbashi au port de Dar Es Salaam, long de près de 400 km.

Chaque jour qui passe, voit donc un coin de la République relié à un autre par voie routière, à tel enseigne qu’il est aujourd’hui possible de partir de Lubumbashi à Bukavu

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en moins de 72 heures, contre plusieurs semaines antérieurement, en passant par Kalemie, Fizi et Uvira.

Pour ce qui est des voiries urbaines, les réalisations principales de l’année en cours peuvent être résumées de la manière suivante : 42,072 km de voirie ont été asphaltés dans les villes non couvertes par des programmes conséquents depuis 2011, tandis que, lancés au mois de février 2014, les travaux de bitumage de 24 km de voiries à Goma se sont poursuivis à un rythme satisfaisant.

En 2016, les travaux de voirie, arrêtés en 2015 faute de financement, vont reprendre avec vigueur dans plusieurs chefs-lieu de province.

Un accent particulier a été mis également dans la construction et réhabilitation des voies de desserte agricole, l’objectif étant de faciliter l’acheminement des produits agricoles des centres de production vers les centres de consommation.

Il s’agit notamment de la réhabilitation de 2034 Km de routes dans les ex-provinces de Bandundu, Kasaï-Oriental, Province Orientale et Bas-Congo.

Dans le secteur du Transport aérien, il y a lieu de signaler l’amélioration de la sécurité aérienne à travers l’augmentation du taux de couverture en radiocommunication de l’espace aérien qui est passé de 20% en 2013 à 75% en 2015, avec pour objectif, d’atteindre 95% d’ici mars 2016.

Désormais, la République Démocratique du Congo n’inspire plus la frayeur au personnel navigant des aéronefs en ligne ayant à traverser son espace aérien. Elle est en mesure de visualiser lesdits aéronefs, grâce aux investissements réalisés au cours de cette année, notamment, la construction et l’équipement de nouvelles tours de contrôle et de blocs techniques y rattachés, à l’aéroport international de N’djili à Kinshasa, et à celui de la Luano à Lubumbashi.

Il faut signaler également l’opérationnalisation, depuis le mois de septembre dernier, de l’aérogare modulaire destiné aux vols internationaux, à l’aéroport international de N’djili, avec une capacité annuelle de traitement de 1 million de passagers, suivant les standards requis, la fin des études en vue de la construction d’une nouvelle aérogare définitive, ainsi que la réhabilitation et la modernisation en cours des installations des aéroports de Goma et de Kisangani.

Toujours à propos du transport aérien, lors de mon dernier discours sur l’Etat de la Nation en 2014, j’avais promis qu’après plusieurs décennies d’absence dans les cieux, le drapeau congolais allait, sous peu, flotter de nouveau sur les ailes d’une compagnie nationale. Aujourd’hui, c’est chose faite, grâce à l’acquisition de deux aéronefs de la nouvelle compagnie nationale CONGO AIRWAYS. Le démarrage des vols commerciaux de ce nouveau-né de l’aviation congolaise est intervenu en date du 20 octobre 2015, entrainant, non seulement l’augmentation de la capacité de desserte en transport aérien à travers le traitement de 18.299 passagers de plus, d’octobre à décembre 2015, mais aussi la réduction de la pression tarifaire de plus de 50 %.

L’effort d’investissement et l’amélioration des conditions de transport aérien vont se poursuivre avec l’acquisition projetée en 2016, de 2 à 4 nouveaux aéronefs.

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Dans le secteur du Transport fluvial, la réhabilitation de l’unité flottante ITB Kokolo a permis de relancer le trafic des personnes et des marchandises sur le fleuve Congo, depuis septembre de cette année, et de réduire, de 28 à 17 jours, la durée du voyage, ainsi que la pénibilité de celui-ci sur le tronçon Kinshasa-Kisangani, long de 1834 km. Celle du bateau M/S Gungu en phase de finition fera de même sur les affluents du fleuve à partir de l’année 2016.

Dans le secteur du transport ferroviaire, l’année a été marquée par l’acquisition, en faveur de la Société nationale de chemin de fer, de 38 locomotives neuves, dont 12 sont opérationnelles depuis le mois de septembre.

Le temps de parcours sur le tronçon Lubumbashi-Kindu, Lubumbashi-Kalemie et Lubumbashi-Mwene Ditu s’en trouve sensiblement réduit.

Sur l’axe Matadi-Kinshasa, le train marchandise a repris service après dix ans d’interruption, tandis que des voitures à passagers modernes viennent d’être commandées, tant pour cet axe que pour le réseau SNCC.

Dans le secteur des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, le déploiement du réseau Backbone à fibre optique s’est poursuivi avec la phase Kinshasa – Kasumbalesa via Lubumbashi, soit sur une distance de 3.300 Km. L’inauguration de cette phase aura lieu fin décembre 2015 et permettra de relier notre pays à la Zambie.

Notre vision à moyen terme de couvrir environ 30 millions de lignes fixes ou mobiles d’ici 2016 est donc réalisable.

Par ailleurs, l’informatisation de l’administration publique, des services spécialisés et des postes frontaliers, l’amélioration de la gouvernance et de la concurrence électronique, la régulation des marchés, la réforme du cadre légal, le passage de la Télévision analogique à la Télévision numérique, ont aussi connu des développements considérables.

Bien plus, au moment où le processus de décentralisation connaît une accélération, il était impératif que le secteur des postes soit considéré comme un pivot de l’intégration de nos 26 provinces et pour mieux faire connaître notre pays au monde. La relance de ce secteur a commencé en 2015 et se poursuivra au courant de l’an 2016.

Honorables Députés et Sénateurs,

Dans le secteur de la Santé, les efforts engagés par le Gouvernement en termes de construction ou réhabilitation des hôpitaux et centres de santé, d’équipement des infrastructures sanitaires et de mise en place des mécanismes d’approvisionnement régulier en médicaments essentiels ont permis à notre pays d’être déclaré pays sans polio par l’OMS depuis le mois de novembre de cette année. Ils ont également permis l’accélération de la réduction de la mortalité de la mère et de l’enfant.

La mortalité infanto-juvénile est ainsi passée de 148 décès pour 1000 naissances vivantes en 2007 à 104 décès pour 1000 naissances vivantes en 2014, soit une réduction de près de 30%. Quant à la mortalité maternelle, son ratio est passé de 1.289

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décès pour 100.000 naissances vivantes en 2001 à 846 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2014.

Dans le domaine de l’enseignement, l’amélioration des conditions de scolarisation et d’apprentissage de nos enfants s’est poursuivie sans relâche, l’objectif ultime demeurant l’accroissement de l’accès à l’éducation, sur fond de promotion de l’égalité des chances à tous les niveaux d’éducation de base pour les filles, les enfants en difficulté, vulnérables ou défavorisés, ainsi que l’amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages.

S’agissant de l’accès à l’éducation, au niveau préscolaire, le total des enfants enregistrés est passé de 280.000 en 2013/2014 à 320.000 en 2014/2015.

Quant à l’enseignement primaire, à la faveur de la gratuité, il compte aujourd’hui 15,5 millions d’élèves contre 13,6 millions à la rentrée scolaire 2013/2014, tandis que 16,5 millions d’élèves sont attendus en 2016.

Ces bonnes performances s’expliquent par l’extension progressive de la gratuité, la prise en charge, sur le budget de l’Etat, des salaires de plus de 25.000 nouveaux enseignants, et la distribution de vingt millions de manuels scolaires dans toutes les écoles du pays, y compris les écoles privées.

Elles s’expliquent également par la mise en oeuvre des programmes de construction d’écoles, afin d’accroître les capacités et d’améliorer les conditions d’accueil des élèves. Au total, 787 écoles ont été construites en 2013/2015, dont 512 directement sur fonds propres, tandis que 232 chantiers sont encore en cours d’exécution. Ainsi, mille écoles, au total, devront avoir été construites à la fin de l’année scolaire 2015/2016 et la millième école devrait être livrée au cours du premier trimestre de l’an 2016.

En ce qui concerne l’Enseignement Supérieur et Universitaire, une réflexion en profondeur a été engagée à ma demande, en vue de décider du type d’enseignement qui sied le mieux aux exigences de développement de notre pays : un enseignement universitaire de masse mais fonctionnel, ou un enseignement universitaire élitiste et général.

Pour garantir une croissance économique significative et durable, l’émergence d’un entrepreneuriat national et la compétitivité internationale de notre pays, il est impératif que notre système d’enseignement universitaire et supérieur permette à nos jeunes d’acquérir des savoirs, des compétences et des aptitudes susceptibles d’aider à réduire la fracture de l’inadéquation formation-emploi.

Pour ce faire, la priorité sera accordée à l’éducation et à la formation professionnelle et technique, avec un accent particulier sur la promotion de la science, de la technologie et de l’innovation, facteurs essentiels de la puissance économique de tout pays émergent.

Enfin, en dépit des défis importants restant à relever dans ces secteurs, l’amélioration progressive des conditions de vie de nos populations et de leur bien-être s’est poursuivie à travers les efforts menés, en partenariat avec le secteur privé, dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable et en électricité, tant dans les milieux urbains que dans les milieux ruraux.

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Cette amélioration se fait à travers la réhabilitation des infrastructures existantes gérées par la SNEL et la REGIDESO, la construction de nouvelles infrastructures, la recherche des solutions palliatives, notamment solaires, et l’importation d’énergie. Elle passe aussi par la réforme et la libéralisation du secteur de l’Electricité, la construction et l’exploitation des centrales à moyenne puissance, et la promotion de kits solaires pour réduire l’utilisation des lampes tempêtes et des bougies en milieux ruraux.

Les projets spécifiques dans le secteur de l’électricité sont, à court terme:

*la construction achevée du barrage de 13,8 MW à Matebe, dans le territoire de Rutshuru ;

*la réhabilitation en cours des centrales d’Inga au Kongo Central, de Tshopo dans la Province de la Tshopo ainsi que de Nseke et Nzilo au Katanga qui devrait porter le productible de 800 MW à 1.300 MW et permettre d’améliorer le réseau électrique de Kinshasa, à fin 2016 ;

*la construction largement engagée des centrales de Zongo 2, Kakobola et Katende qui, ensemble, devraient produire près de 230 MW d’ici la fin de 2017, améliorant ainsi la desserte en électricité des populations des anciennes provinces du Bandundu, du Kasaï-Occidental, du Kasaï-Oriental et de Kinshasa, soit plus ou moins trente millions de congolaises et de congolais.

A moyen terme, il y a lieu de mentionner la construction d’Inga 3 basse chute devant produire 4.800 MW, dont 2300 destinés à la satisfaction de la demande intérieure.

L’entrée en opération de ces différents ouvrages devrait améliorer le taux de desserte en électricité de notre pays qui, quoiqu’étant passé de 9 à 15% ces 3 dernières années, reste encore faible par rapport à la moyenne africaine de 30%.

Dans le secteur de l’eau, les travaux achevés au cours de l’année 2015 sont ceux de réhabilitation et de renforcement des installations d’alimentation en eau potable de Tshikapa, Mwene Ditu, Ngandajika, Lodja, Kabinda, Lisala, Tshimbulu, Bulungu, Masi-Manimba et Matadi.

Sont en cours d’achèvement et devraient être livrés d’ici fin décembre 2015 ou juste après, les travaux de réhabilitation et de renforcement des installations d’alimentation en eau potable de Mbuji-Mayi, Kinshasa et Lubumbashi.

Le taux de la desserte nationale en eau potable, aujourd’hui de 26% contre une moyenne africaine de 60%, devrait s’en trouver nettement amélioré.

Honorables Députés et Sénateurs,

Au courant de cette année qui s’achève, les droits de la femme ont connu une avancée significative dans notre pays, suite à la promulgation de la Loi du 1er août 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité.

En exécution de cet instrument juridique, l’accès de la femme aux fonctions politiques s’est fortement amélioré avec la désignation de plus de 30% de femmes parmi les Commissaires Spéciaux du Gouvernement chargés de gérer les

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nouvelles provinces. Je lance un appel aux partis politiques de poursuivre cet élan et de consolider cet acquis.

Dans le même ordre d’idées, la protection de la femme contre les violences qui lui sont faites s’est poursuivie avec détermination au cours de l’année, grâce à l’intensification de la lutte contre les groupes armés, source matricielles desdits actes, et de celle contre l’impunité des auteurs de violences, plus que jamais pour moi, une urgence et une priorité.

Les résultats obtenus, soit un recul de 33% des cas de viol rapportés de 2013 à 2014, confortent la justesse de la décision que j’avais prise, il y a un an, de marquer résolument ma volonté de garantir la dignité de la femme congolaise par la nomination d’un Représentant Personnel chargé de la lutte contre les violences sexuelles et l’enrôlement des enfants. Ils sont aussi dus à l’action de tous les acteurs dans ce domaine, dont des ONG nationales, ainsi que la Justice, singulièrement la Justice militaire qui, de 2014 à ce jour, a condamné plus de 135 auteurs de viols, sans considération de leur rang ou grade.

Nous veillerons à ce que ces résultats, qui sont aujourd’hui unanimement salués par la communauté internationale, continuent sans cesse de s’améliorer jusqu’à ce que nous atteignions le seul objectif moralement acceptable, celui de zéro viol en République Démocratique du Congo.

Il en va de même de la protection de l’enfant qui sera renforcée à travers, notamment, l’adoption prochaine d’une législation appelée à clarifier les mécanismes de l’adoption internationale dans notre pays, et à éviter que, sous des motivations d’ordre humanitaire, ce dernier ne devienne, du fait des gens sans scrupule, une plaque tournante du répréhensible trafic d’êtres humains, comme cela a parfois été le cas dans une époque récente, nous obligeant à décréter, dans l’intérêt de nos enfants, un moratoire sur les adoptions internationales.

Au plan diplomatique, les efforts menés ont permis de consolider nos relations avec les 9 pays qui nous entourent et de bâtir des partenariats stratégiques au niveau tant régional qu’international autour, notamment, des projets intégrateurs comme celui du barrage hydroélectrique d’INGA.

Dans cette perspective, notre pays a activement participé aux Sommets Inde-Afrique et Chine-Afrique, ainsi qu’à plusieurs rencontres internationales portant sur des sujets d’intérêt vital.

C’est le cas notamment de la dernière Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, en septembre 2015 à New York, doublement marquée par la célébration du soixante-dixième anniversaire de l’Organisation Universelle et par l’adoption de l’Agenda des Nations Unies post-2015, ainsi que des objectifs du développement durable.

C’est aussi et surtout le cas de la vingt et unième Conférence des Nations Unies sur le Climat qui vient de se tenir à Paris. En l’espèce, il s’agissait ni plus ni moins, que de décider de l’avenir de la planète, voire du sort de l’humanité.

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Nous sommes donc en droit de nous réjouir qu’après de longues et âpres négociations, cette Conférence ait abouti à l’adoption, à l’unanimité, d’un accord universel, ambitieux, différencié, durable et juridiquement contraignant, assorti d’objectifs précis et d’engagements financiers conséquents.

Nous le sommes d’autant plus que, fort de son imposant massif forestier et de ses importantes ressources en eau douce, notre pays a joué, au cours de ces assises, un rôle à la hauteur de son poids écologique, contribuant ainsi, de manière significative, au succès de la Conférence.

Honorables Députés et Sénateurs,

S’agissant de la réforme de l’Etat, Je rends un hommage mérité aux Honorables Députés et Sénateurs qui, au cours de l’année qui s’achève, ont doté le pays de plusieurs lois ayant rendu possible la nouvelle organisation territoriale et l’installation de vingt et une nouvelles provinces.

Au nombre de ces actes législatifs, on peut citer :

La Loi de programmation du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation de nouvelles provinces ;

Et la Loi organique du 25 mars 2015 portant fixation des limites des provinces et celles de la ville de Kinshasa.

La Loi du 25 août 2015 fixant le statut des Chefs coutumiers, suivie de la certification des entités coutumières, participent de même à l’approfondissement de notre processus de décentralisation.

Je vous exhorte à parachever cette architecture normative en réexaminant rapidement la Loi organique portant organisation et fonctionnement de la Caisse Nationale de Péréquation, et en adoptant le projet de Loi portant statut du personnel de carrière des services publics du Pouvoir Central, des provinces et des entités décentralisées.

En attendant l’adoption de ces instruments, et afin de permettre la bonne fin du processus d’installation de nouvelles provinces, J’ai instruit le Gouvernement d’initier, en concertation avec les autorités provinciales, un programme d’équipement, de réhabilitation et de construction des infrastructures nécessaires au fonctionnement de nouvelles provinces et d’envisager un budget prévisionnel destiné au financement des travaux prioritaires de celles-ci.

Au plan judiciaire, la réforme de l’Etat devra se poursuivre par la création des conditions d’installation de nouvelles hautes juridictions du pays, après la Cour Constitutionnelle, à savoir : la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat. Dans cette optique, l’adoption de la proposition de Loi organique sur les juridictions de l’ordre administratif mérite de bénéficier de la diligence des Honorables Députés et Sénateurs.

Quant au Gouvernement, dans la perspective de l’organisation des prochains scrutins électoraux, il devra accélérer l’installation des Tribunaux de Paix à travers toute la République, en conformité avec la cartographie électorale.

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C’est ici le lieu de rappeler que la distribution de la justice demeure préoccupante dans notre pays et que nos populations doutent de la capacité de notre appareil judiciaire à répondre adéquatement à leurs préoccupations. Face à cette triste réalité, le Gouvernement est instruit d’accélérer la mise en oeuvre des recommandations issues des états généraux de la Justice.

En matière de protection des droits humains, l’adoption des Lois modifiant et complétant le Code pénal, le Code de procédures pénales et le Code judiciaire militaire, en vue de la mise en oeuvre du Statut de Rome, devra compter parmi les éléments clé de la stratégie nationale de lutte contre l’impunité des crimes graves.

Un domaine qui appelle lui aussi des réformes profondes et urgentes est celui de la gestion, distribution et affectation des terres, afin, notamment, d’éradiquer ou à tout le moins réduire sensiblement les conflits fonciers. Cette réforme devrait être menée en prenant en compte les exigences de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et des secteurs de l’Agriculture, Forêts, Environnement et Mines.

Elle implique aussi la modernisation des outils de gestion, un recours accru aux moyens électroniques, ainsi que des sanctions sans appel à l’endroit des cadres et agents véreux et peu soucieux des devoirs de leur charge.

Honorables Députés et Sénateurs,

Les progrès réalisés au cours de l’année 2015 l’ont été à la faveur de la paix et de la stabilité politique et économique retrouvées, sans lesquelles rien n’aurait été possible. Voilà pourquoi au plan politique, tout en me félicitant de la mise en place de la nouvelle équipe de la CENI, et en vue de permettre à celle-ci d’accomplir sa mission à la satisfaction de tous, Je viens d’engager la Nation sur la voie du Dialogue Politique National Inclusif.

La mise en place, en cours, du Comité Préparatoire, et celle prochaine de la facilitation internationale, permettront, à brève échéance, le démarrage effectif dudit dialogue, avec pour objectif de trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant ainsi la voie à des élections crédibles et apaisées.

Une fois de plus, J’encourage vivement les Congolaises et Congolais à tirer avantage de notre tradition séculaire du dialogue comme mode de règlement des divergences politiques et sociales.

En effet, ce n’est pas par la violence que nous réglerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations Unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes. Mais plutôt de nous-mêmes, et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais, mus par la fibre patriotique, et inspirés par l’appel à l’auto-détermination et à l’auto-prise en charge, toujours d’actualité, de nos deux héros nationaux, Patrice Emery Lumumba et M’zee Laurent Désiré Kabila.

En ma qualité de Garant de la Nation, J’en appelle, une fois de plus, au sens élevé de responsabilité de chacun et de tous, afin qu’au sortir du Dialogue National, nous soyons plus unis qu’avant, dans la mise en oeuvre d’un processus électoral authentiquement congolais, fruit d’un consensus librement dégagé, avec pour objectifs la consolidation de

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notre jeune démocratie, et la préservation de la paix chèrement acquise, de la sécurité, de la stabilité et des progrès enregistrés sur la voie du développement de notre pays.

J’aimerais, à cet effet, rassurer l’ensemble de notre peuple que je ne permettrai pas que les sacrifices consentis ensemble au cours de ces dernières années pour bâtir la paix et la sécurité dans notre pays et dans la région, balisant ainsi la voie vers l’émergence, soient compromis, sous quelque prétexte que ce soit, par ceux qui, de mauvaise foi et de manière délibérée, choisiront de rester enfermés dans leurs postures négativistes, refusant le dialogue au profit des complots contre la République et promettant sang et sueur à notre peuple.

Il n’y aura ni l’un, ni l’autre.

Que notre peuple sache donc que ses intérêts et ses aspirations légitimes à la quiétude et au bien-être seront, en tout temps et en toutes circonstances, sauvegardés et promus par les Institutions de la République.

Là où il lui est promis la mort, nous l’assurons que tout sera mis en oeuvre pour protéger la vie. Là où on veut tout détruire, notre engagement c’est de construire et de développer sans relâche nos villes et nos campagnes.

A notre peuple de choisir, lors des élections, lequel des deux projets de société lui convient le mieux.

A lui aussi de se choisir librement ses dirigeants à tous les niveaux.

A ce sujet, Je demeure une fois de plus persuadé que l’option à lever sur les modalités de vote prévues à l’article 47 de la Loi électorale, à savoir : soit le vote par bulletin à papier, soit le vote électronique, pourrait contribuer à réduire substantiellement le coût des opérations électorales.

Honorables Président de l’Assemblée Nationale,

Honorable Président du Sénat,

Honorables Députés et Sénateurs,

Au regard de ce tour d’horizon, les perspectives pour notre pays sont en définitive plus qu’encourageantes.

A chacun de nous de contribuer à amplifier la tendance au cours des années à venir.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo.

Je vous remercie.

Palais du Peuple, le 14 décembre 2015

[youtube KPV7wTzDfcM]

Goma: Construction de la Frontière Commune entre le Congo et le Rwanda

Le Vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu, Feller Lutayichirwa Mulwahale a procédé dimanche à la pose conjointe de la première pierre des travaux de construction des locaux qui vont abriter les services du poste frontalier juxtaposé à arrêt unique entre le Rwanda et la République démocratique du Congo au niveau de la grande barrière de Goma.

Frontière Congo Rwanda

Le responsable de la Direction générale des migrations (DGM), François Beya ainsi que M. Howard Buffet dont la fondation finance les travaux sont les personnalités qui ont rehaussé de leur présence la cérémonie à laquelle étaient également associés les Officiels rwandais des services de l’immigration.

Dans son mot de circonstance, l’Autorité provinciale a salué l’effectivité du démarrage des travaux qui, selon lui, cimentent davantage le bon voisinage entre les deux peuples frères rappelant que «cette proximité des services à la frontière va certainement renforcer les affinités entre Rwandais et Congolais». «La construction de cet ouvrage tombe à point nommé au moment où nos deux pays respectifs, sous l’impulsion de nos chefs d’Etat respectifs, se sont engagés dans la démarcation de la frontière commune», s’est réjoui le Vice-gouverneur Feller Lutayichirwa pour la juxtaposition des services à la frontières va certainement impacté positivement le filtrage des voyageurs à l’arrivée comme au départ de la RD Congo.

Tout en exprimant sa gratitude envers les autorités congolaises partant du Chef de l’Etat, Joseph Kabila, M. Howard Buffet a justifié sa motivation de financer les travaux par la foi à un avenir radieux de la RD Congo en particulier et celui du parc national des Virunga.

Près de quinze mille personnes traversent chaque jour la frontière entre la RD Congo et le Rwanda, a-t-il révélé l’Homme d’Affaires américains pour qui a construction du poste juxtaposé s’inscrit dans la vision d’assurer la fluidité des visiteurs intéressés par les gorilles du parc national de Virunga.

L’Américain Howard Buffet dont la fondation finance également les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Matebe, dans le territoire de Rutshuru, a fait de la protection des gorilles sa passion.

ACP/Kayu/JGD

Communiqué de la Majorité Présidentielle, MWANDO NSIMBA Out!

COMMUNIQUE DU BUREAU POLITIQUE DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE

Consécutivement à sa réunion du jeudi 16 septembre courant, le Bureau Politique de la Majorité Présidentielle demande à l’Honorable Charles Mwando Nsimba, 1 er Vice-Président de l’Assemblée Nationale, signataire du Mémorandum du 14 septembre 2015 à l’Autorité Morale, de tirer les conséquences de son départ de cette famille politique en libérant ce poste.

Les Honorables Rapporteur et Questeur de l’Assemblée Nationale, les Honorables Deuxième Vice-Président et Rapporteur du Sénat ainsi que les Ministres membres des partis engagés par les signataires dudit Mémorandum sont,pour leur part,priés de dénoncer la démarche de ces derniers ou de tirer également les conséquences de leur solidarité avec eux en renonçant à leurs fonctions.

Fait à Kinshasa, le 17 septembre 2015

Porte – Parole 

« Shamandefu »

Réponse du Gouvernement sur l’Interdiction du film sur Mukwege et l’arrêt de la Cour Constitutionnelle

POINT DE PRESSE DU MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET MEDIAS, PORTE PAROLE DU GOUVERNEMENT DU 10 SEPTEMBRE 2015

1. DES COMMENTAIRES AU SUJET DE L’ARRET DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE

La Cour Constitutionnelle a, à la requête de la Commission Electorale Nationale Indépendante, été saisie en interprétation des dispositions des articles 10 de la loi de programmation n° 15/004 du 28 février 2015 déterminant les modalités d’installation de nouvelles provinces et 168 de la loi n° 06/006 du 09 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, telle que modifiée par la loi n° 11/003 du 25 juin 2011 et celle n° 15/001 du 15 février 2015. Il vous souviendra que la Cour a, en date du 08 septembre 2015, rendu son arrêt en la Matière.

Depuis lors, des réactions en sens divers se font entendre de toutes parts portant, entre autres, sur les compétences dévolues à la Cour Constitutionnelle de notre pays, sur le fondement dudit arrêt, certaines allant jusqu’à exiger sans rire l’annulation de cet arrêt, voire la révocation des vénérables sages qui composent cette juridiction, la plus haute de la RD Congo, au motif que l’arrêt ainsi pris par elle ne rencontrerait pas l’agrément de quelques acteurs politiques.

Je m’adresse à vous, Mesdames, Messieurs de la presse, et à travers vous à l’ensemble de l’opinion publique pour faire connaître la position du Gouvernement de la République qui est concerné au premier chef par ce tintamarre car il est de l’intérêt général de protéger les institutions publiques de notre Etat chaque fois qu’elles sont en butte à des spéculations ou à une désinformation malveillante et déstabilisatrice si tant est que nous voulons poursuivre la consolidation de l’Etat de droit démocratique dans notre pays.

La question est de savoir s’il est permis à qui que ce soit, dans le contexte d’un Etat de droit auquel aspire ardemment la RDC, de remettre aussi délibérément en cause l’indépendance des Magistrats de la Cour Constitutionnelle en exigeant que ses arrêts se conforment obligatoirement à des intérêts particuliers.

Le premier fondement de notre réflexion est tiré de l’article 62, alinéa 2 de la Constitution qui stipule que « toute personne est tenue de respecter la Constitution et de se conformer aux lois de la République ». Et en ce qui concerne particulièrement les arrêts de la Cour Constitutionnelle et l’indépendance de ses Magistrats, l’article 168, alinéa 1er de la Constitution, est clair : « Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et militaires ainsi qu’aux particuliers ».

Cette disposition constitutionnelle impose :

1) le caractère définitif et irrévocable des arrêts de la Cour Constitutionnelle, en RDC, c’est-à-dire l’autorité de la chose jugée en dernier ressort attachée à ces arrêts ;

En conséquence, toute démarche annoncée au public ou entreprise en privé, tendant à revoir les arrêts de cette cour, n’est que pure distraction et tromperie ;

2) l’exécution immédiate des arrêts de la Cour Constitutionnelle, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de délai prévu pour l’exécution des arrêts rendus par la Cour Constitutionnelle ;

3) le caractère contraignant de ces arrêts, à l’égard de tous et sans aucune exception, de sorte que tous ceux qui clament ne pas être d’accord avec cet arrêt ou déclarent s’y opposer violent délibérément la Constitution de la République. Il ne sert à rien à cet égard de se draper derrière la qualité de membre d’une institution publique, de membre de la majorité ou de l’opposition. Le fait est qu’en droit congolais, les arrêts de la cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’être remis en question par personne.

Bien des pays du monde qui ont inspiré notre ordonnancement juridique ont légiféré dans le même sens. Les décisions du Conseil Constitutionnel français, pour ne citer que ce cas, institué par la Constitution de la Ve République en date du 4 octobre 1958, s’imposent, à l’instar des arrêts de la Cour Constitutionnelle de la RD Congo, aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. Elles ne sont susceptibles d’aucun recours.

En France, il est même précisé que l’autorité de la chose jugée ne s’attache pas seulement au dispositif mais aussi aux motifs qui en sont le soubassement.

S’agissant de l’indépendance de la Cour Constitutionnelle, nous voudrions nous permettre d’engager ici nos compatriotes à intégrer dans leur gestion de ces questions institutionnelles le fait que le peuple congolais qui a adopté souverainement la constitution du 28 février 2006 a voulu de manière claire que les membres de cette cour statuent et décident en âme et conscience, en toute indépendance, en vertu des articles ci-après de la Constitution :

4) Article 149, alinéa 1er : « Le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif » ;

5) Article 150, alinéa 2 : « Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leur fonction qu’à l’autorité de la loi » ;

6) Article 151, alinéa 1er ; « Le pouvoir exécutif ne peut donner d’injonction

au juge dans l’exercice de sa juridiction, ni statuer sur les différends, ni entraver le cours de la justice, ni s’opposer à l’exécution d’une décision de justice ».

7) Article 151 alinéa 2 : « Le pouvoir législatif ne peut ni statuer sur des différends juridictionnels, ni modifier une décision de justice, ni s’opposer à son exécution » ;

8) Article 151, alinéa 3 : « Toute loi dont l’objectif est manifestement de fournir une solution à un procès en cours est nulle et de nul effet ».

Ces dispositions devraient inciter les patriotes au sein de la classe politique à promouvoir au sein de l’opinion publique l’acquisition des réflexes de la nouvelle citoyenneté qui consistent en l’espèce au strict respect des verdicts de la Cour Constitutionnelle même lorsqu’ils semblent en porte-à-faux par rapport à certains intérêts particuliers.

Toute vie en société entraine inévitablement des contestations et ce, pour diverses raisons. Aussi, dès qu’une société se forme, la fonction de juger apparaît-elle comme une nécessité car, il faut une personne impartiale, respectée pour son autorité ou en raison des pouvoirs qu’elle tient des normes constitutionnelles ou légales pour se prononcer sur les prétentions en conflit et déclarer publiquement laquelle des deux est justifiée. En d’autres termes, il faut, en cas d’affrontement des prétentions qu’un juge intervienne pour dire le droit. Cette fonction est d’autant plus nécessaire que toute société civilisée repose sur le postulat fondamental qui veut que « nul ne se fasse justice à soi-même » au risque de vivre dans le chaos et l’anarchie, ferments de la destruction de ladite société. Il y a donc lieu de comprendre pourquoi, dans nos sociétés modernes où l’Etat a la responsabilité de l’ordre public, la justice n’est pas seulement, comme le pensait Lamoignon, « une œuvre de bienfaisance du roi mais en réalité un devoir de l’Etat ». Jeter délibérément l’opprobre, le mépris ou le discrédit sur la justice revient donc à tuer l’Etat de droit.

La séparation des pouvoirs est l’un des fondements d’un Etat de droit. Bien que nommés respectivement par concertations entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et par cooptation au sein de leur profession, les juges n’ont pas de compte à rendre aux acteurs politiques, aux groupes d’intérêts ou aux animateurs d’autres institutions. C’est le sens de l’indépendance qui est attachée à leurs hautes charges. L’indépendance du pouvoir des juges vient aussi du fait qu’ils ne rendent leurs décisions que sur base des textes des lois dont ils ne sont pas initiateurs et sur cette base essentiellement, exception faite de la jurisprudence.

2. LA DECISION D’INTERDICTION DE DIFFUSION DU FILM « L’HOMME QUI REPARE LES FEMMES : LA COLERE D’HIPOCRATE » DE THIERRY MICHEL

Depuis quelques jours, après que j’aie annoncé conformément aux prérogatives qui me sont reconnues par les instruments juridiques nationaux la décision du gouvernement de la RD Congo d’interdire la projection sur son territoire du film documentaire  » L’homme qui répare les femmes: la colère d’Hippocrate » du réalisateur belge Thierry Michel en collaboration avec Colette Braeckman, nous assistons, comme d’habitude, à une bien curieuse levée de boucliers sous forme d’une vague d’indignations de la part de certains acteurs nationaux et étrangers drapés dans le manteau du principe de libre expression. Même nos partenaires de la Monusco nous ont adressé des remontrances comme s’ils voulaient faire de la RD Congo le seul pays de la planète terre où le gouvernement devrait laisser tout faire, tout dire et tout montrer même au détriment des lois, de l’ordre public et des Intérêts Nationaux.

Je voudrais réitérer ici à ceux à qui cela aurait échappé les termes du communiqué du gouvernement justifiant les raisons de cette décision, à savoir : la traduction hostile et délibérément mensongère indexant les FARDC comme auteurs de certains actes de violences faites à des femmes interrogées par le réalisateur, contrairement aux témoignages livrés en langue mashi et swahili par lesdites femmes qui remerciaient les FARDC pour les avoir sauvées des griffes des criminels des groupes armés qui pullulent au Kivu. Il faut également dire que la mise en cause généralisée des FARDC sans indiquer l’auteur (ou les auteurs) des actes dénoncés est proscrit par le code pénal militaire de notre pays, notamment les dispositions de l’article 87 sur l’outrage à l’armée, entendue comme « toute expression injurieuse dirigée contre les officiers, les sous-officiers et les hommes de rang des Forces armées sans indiquer les personnes visées « . L’exigence du respect de cet article fait partie des clauses assorties à l’autorisation de reportage accordée à M. Thierry Michel qui n’en a tenu aucun compte. Ainsi est-il exigé aux requérants de s’y conformer et de s’abstenir de donner lieu à des dénonciations généralisantes et démoralisatrices des membres des forces armées qui ne résistent à aucun examen sérieux car, on a beau solliciter les faits, on n’a pas d’exemple de 130.000 militaires de notre armée commettant en même temps un viol ou des viols. C’est donc la mauvaise traduction travestissant la vérité ainsi que les accusations généralisées et infondées susceptibles de démoraliser nos troupes qui ont conduit à l’interdiction par le gouvernement de ce film et non la personnalité du réalisateur ou du Docteur Denis Mukwege qui sont en cause.

Il n’est donc nullement question d’atteinte à la liberté d’expression comme nos détracteurs se plaisent à le dire sur tous les tons. En fait celle-ci n’a pas un sens absolu. Elle doit se concilier avec d’autres libertés ou droits fondamentaux. C’est pour cette raison qu’il existe dans les sociétés démocratiques des limites à la liberté d’expression, entre autres l’interdiction de:

démocratiques des limites à la liberté d’expression, entre autres l’interdiction de :

* diffusion ou reproduction de fausses nouvelles,

* diffamations et injures ;

* transmission ou exploitation, sans son consentement, d’images d’une personne prises dans un lieu privé;

* publication de tout acte de procédure criminelle ou correctionnelle avant qu’il ait été lu en audience publique ;

* apologie ou provocation à commettre certains crimes ou délits, etc.

Le gouvernement qui veut bien croire que tout cela relève d’un déficit d’information sur cette affaire, tient par ma voix à dire à ceux qui ne l’auraient pas encore su pour une raison ou une autre, que cette mesure quoiqu’il paraisse ne signifie pas qu’il ait un os à peler avec les réalisateurs de ce film, M. Thierry Michel et Madame Colette Braeckman. Il ne s’agit pas non plus d’empêcher notre compatriote le Docteur Denis Mukwege de faire valoir les actions positives que, parmi plusieurs autres acteurs, il entreprend pour secourir nos sœurs victimes des violences sexuelles.

Il suffit à cet égard de rappeler que c’est nantis d’une accréditation en bonne et due forme de mon Ministère que Thierry Michel et Colette Braeckman se sont rendus au Sud Kivu pour réaliser ce documentaire après avoir reçu mes encouragements et ce, malgré un malheureux antécédent dans les relations entre notre gouvernement et Thierry Michel autour du film sulfureux intitulé « L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ? » qu’il réalisa dans le but d’influencer la justice qui statuait alors en première instance sur la triste affaire de l’assassinat de notre compatriote Floribert Chebeya. Ce qui ne se fait nulle part au monde.

Il suffit par ailleurs de lire les termes de mon communiqué qui exprime de manière claire le soutien du gouvernement aux interventions salutaires de Denis Mukwege en faveur des femmes victimes de sévices sexuels. Et du reste, parlant de M. Mukwege, il est surprenant de lire sous la plume de Thierry Michel qu’il vivrait reclus, et doit être protégé par des gardes du corps, craignant à tout moment pour sa sécurité, ce qui reviendrait à dire que les Gouverneurs des provinces perturbées de l’Est qui sont entourés d’un dispositif sécuritaire seraient eux aussi menacés par leur propre gouvernement !

En réalité, le Dr. Mukwege est menacé au même titre que toutes les personnalités qui vivent dans ce Kivu où la sécurité doit encore être complètement restaurée et jouit de sa pleine liberté de mouvement. Le gouvernement qui finance dans son budget l’hôpital de Panzi sait par exemple que le 24 septembre prochain, ce compatriote fera honneur à notre pays en défendant à l’ULB sa thèse de doctorat en Sciences médicales intitulée « Etiologie, classification et traitement des fistules traumatiques uro-génitales et génito-digestives basses dans l’Est de la RD Congo » et que parmi les compatriotes qui iront le soutenir en cette circonstance, il y aura des émissaires de notre ambassade à Bruxelles. Pourquoi chercher à

opposer ce praticien aux FARDC qui le protègent et lui permettent d’accéder aux malheureuses victimes des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre ? Pourquoi l’amener à s’en prendre sans raison apparente aux autorités de son pays ?

On se demande du reste si monsieur Thierry Michel ne recourt pas à un stratagème bien rôdé : provoquer délibérément des incidents en amont et se faire passer pour victime dans le but d’assurer la publicité à ses films.

Suite à des demandes d’un réexamen de cette décision, notamment de la part de Madame Kathryn Brahy du Centre Wallonie-Bruxelles, nous avions mis sur pied une commission chargée de corriger la traduction malencontreuse pour une plus fidèle en vue d’une éventuelle autorisation de diffusion mais, au moment même où se mettait en place cette commission, le réalisateur Thierry Michel n’a pas trouvé mieux que de m’adresser des menaces d’une violence incroyable avec des évocations historiques inacceptables, comparant mon sort à celui d’un dictateur disparu qui n’a pas été enterré dans son pays si je n’acceptais de laisser diffuser son documentaire en l’état. C’en était trop et même Madame Colette Braeckman, la coréalisatrice du film que j’ai reçue hier à mon cabinet pour un entretien à ce sujet, s’est désolidarisée de Thierry Michel en des termes on ne peut plus clairs dans son blog dont on va vous distribuer le texte.

Des gens nous expriment ce qu’ils disent craindre: la publicité gratuite autour du Docteur Mukwege et l’accroissement d’audience du film incriminé avec pour conséquence, de voir laminés tous les efforts du gouvernement dans la lutte contre les violences faites aux femmes. D’où des invitations à une recherche de solution pratique pour sauvegarder l’image de la RDC’.

Aux uns et aux autres, nous devons indiquer que le rôle du gouvernement dans cette affaire n’est pas d’empêcher que le documentaire sur le Dr. Mukwege bénéficie d’une publicité gratuite. Notre seule préoccupation est d’éviter d’éviter la démoralisation des FARDC dont l’implication dans la protection des femmes victimes de violences sexuelles était aussi importante sinon plus que celle du Dr Mukwege dont nous saluons une fois encore, en plus de le soutenir, les interventions en faveur des victimes de cette barbarie inqualifiable. Nos troupes se dévouent et se battent pour sauver des femmes.

J’assure à tous la détermination du gouvernement à lutter contre ce fléau de violences faites aux femmes, surtout à l’Est de notre pays où le phénomène de viol est souvent utilisé comme arme de guerre (n’oubliez pas que le Chef de l’Etat a même nommé à cet effet Madame Jeanine Mabunda Conseillère Spéciale en matière de lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants. Preuve de toute l’attention que la République Démocratique du Congo consacre à ce phénomène). Mais le gouvernement est tout autant déterminé à ne plus laisser saper l’image et le moral de nos troupes par des petits malins car cette armée qui est notre seul rempart contre ces crimes mérite que la vérité, et rien que la vérité soit dite sur elle. On perd souvent de vue que si nous pouvons tous travailler avec quiétude, le Docteur Mukwege et les réalisateurs des films comme Thierry Michel y compris, c’est grâce aux efforts des éléments des FARDC qui ont amenuisé les risques sécuritaires dont l’ampleur il y a quelques années est connue de tous. Il est donc hors de question qu’on nous fasse croire que pour, vanter les mérites du Dr. Mukwege il faut calomnier nos forces armées.

Je vous remercie

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre de la Communication et Médias

Porte-parole du Gouvernement

Uvira: Bedé, chef du groupe miliciens Maï-maï de Mutarule tué par les FARDC

Bedé, l’homme connu par certains comme personne ayant contribué à la cause du massacre de Mutarule, par d’autres comme un chef du groupe miliciens Maï-maï , par d’autres comme un voleur et par d’autres juste un grand bandit qui a causé beaucoup de maux à la population d’Uvira n’est plus.

C’était hier le 29 août 2015, vers 17h à Mulongwe ( l’avenue de l’authenticité), qu’il y a eu les premières balles tirées, plus tard les rumeurs ont commencé à circuler que Bedé aurait été blessé. Tard la nuit sa mort nous a été confirmée par une source sûr. ‘’ Uvira est en fête, Bedé a été tué par les FARDC’ a écrit notre source qui venait de nous envoyer les premières images du corps de Bedé.

Bedé est mort à l’hôpital militaire d’Uvira suite aux blessures causé par une balle au genou et une autre à la poitrine.

À Mutarule ce dimanche la population récemment retournée dans leur village ne pouvait pas cacher sa joie.

© UviraOnline

Les bornes Frontières entre le Rwanda et la RD Congo seront tracées dans 4 jours

Des experts Congolais et Rwandais ont encore travaillé en commission mixte afin de replacer les bornes frontières sur les limites identifiées par les les Allemands et les Belges depuis 1911.

Ce vendredi ces experts ont initiés des repérages par satellites et GPRS ; Général Packet Radio Service, portables afin de d’écouvrir avec exactitude les places des anciennes bornes disparues a cause des constructions anarchiques.

C’est ainsi qu’ils ont découverts que la guérite des bureaux de la douane rwandaise a la grande barrière est construite sur la borne Une de 1911.Ladite guérite rwandaise et quelques maisons du quartier Birere construites sur la borne 4 devront être déplacées de plus de 6m vers le Rwanda et vers la RDC.

Point de Presse, Ministre Lambert Mende 16-02-15, Vidéo et Texte

POINT DE PRESSE DU MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET MEDIAS, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT
16 FEVRIER 2015

Hier dimanche 15 février 2015, le Président de la République, S.E. M. Joseph Kabila Kabange a reçu en son cabinet de travail du Palais de la Nation une vingtaine d’Ambassadeurs chefs des missions diplomatiques des principaux partenaires de la République Démocratique du Congo ainsi que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies à Kinshasa et chef de la Monusco.

La communication qu’il leur a adressée était axée essentiellement sur deux points, à savoir (i) l’état des relations de la RDC avec la Monusco concernant particulièrement les opérations de désarmement forcé des rebelles rwandais des FDLR et, (ii) les attitudes et comportements de certains diplomates en poste à Kinshasa qui ne cadrent pas avec les conventions internationales qui régissent les relations entre Etats.

La RDC, la MONUSCO et le désarmement forcé des FDLR

Au sujet des relations entre la RDC et la MONUSCO, le Chef de l’Etat a rappelé à ses interlocuteurs que c’est à la demande des autorités congolaises que les Casques bleus des Nations Unies sont venus dans notre pays pour prêter main forte aux institutions nationales en butte à une agression qui menaçait le pays dans ses fondements les plus intrinsèques.
Chargée de l’observation des péripéties de la crise congolaise au départ, la mission onusienne s’est vue confiée par la suite, et successivement des tâches de maintien de la paix (peacekeeping) et d’imposition de la paix (peace inforcement) toujours à la demande du Gouvernement de la RDC.
À cet égard, les Congolais doivent savoir que depuis l’arrivée dans notre pays en 1999 de la mission des Nations Unies que l’on avait appelé Monuc puis Monusco, les autorités congolaises ont eu à gérer avec ses responsables un certain nombre d’événements et même des crises parfois graves. Le Chef de l’Etat a rappelé à ses invités quelques défis majeurs relevés en synergie par le Gouvernement et la Monusco. Ce fut le cas notamment des élections de 2006, de la rébellion dite du CNDP et de nombre d’autres groupes armés à l’Est.

Dans ce contexte, le gouvernement congolais n’a pas manqué de griefs légitimes à reprocher à l’un ou l’autre préposé de la Monusco, loin s’en faut. Plusieurs cas de complaisances frisant parfois la complicité avec certains seigneurs de guerre et leurs groupes armés ainsi que des actes criminels flagrants au détriment de nos compatriotes ont été signalés dans leur chef. Mais le gouvernement de la République s’est toujours abstenu de recourir à l’invective ou à l’anathème pour y donner suite. Ces affaires peu ragoutantes dans lesquelles étaient impliqués des préposés de la Monusco ont toujours fait l’objet d’un débat adulte dans le cadre établi avec ce partenaire.
Il est désagréable pour nous de constater que les responsables des Nations Unies ont choisi l’attitude diamétralement opposée d’une gestion incantatoire qui jette sans raison objective le discrédit sur les institutions congolaises.

Nous avons noté également que la communication de l’ONU sur ce dossier du désarmement des FDLR à l’Est de la RDC s’est caractérisée ces derniers jours par une certaine cacophonie entre différentes sources. Les déclarations des officiels ici et là étaient contradictoires, approximatives, chose grave, teintées de chantage à l’encontre de la RDC.
Le Président Kabila a rappelé à ses invités qu’aujourd’hui, personne ne pouvait donner des leçons aux forces de défense et de sécurité de la RDC sur les meilleurs voies et moyens d’en découdre avec les forces négatives des FDLR.

Il y a encore quelques années, les FDLR avec leurs dépendants étaient estimées à plusieurs dizaines de milliers de personnes en RDC. Aujourd’hui leur nombre dépasse à peine le millier. Cette diminution drastique du nombre des rebelles rwandais au Kivu est à attribuer aussi bien à des retours volontaires qu’aux fortes pressions militaires exercées par les troupes régulières congolaises au cours de leurs opérations ces dernières années dans la région. Il faut rappeler que ces opérations ont coûté la vie à de très nombreux jeunes militaires FARDC. C’est un sacrifice qui est consenti par la RDC pour trouver une solution à un problème sécuritaire majeur créé par la décision malencontreuse de la communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité des Nations Unies, d’imposer aux autorités en place en RDC alors République du Zaïre lors du génocide rwandais de 1994 d’ouvrir ses frontières sans aucun contrôle à 2 millions de réfugiés rwandais.

La RDC est à ce jour le pays qui a le plus à gagner au désarmement ou à l’éradication des FDLR qui ont causé d’énormes dégâts humains et matériels à notre pays et à son peuple.
C’est avec une grande surprise que le Chef de l’Etat a appris par la presse comme Monsieur Tout le monde que nos partenaires des Nations Unies remettaient en cause un acte souverain de nomination d’officiers généraux des FARDC posé par Lui conformément à la Constitution et aux lois en vigueur dans notre pays. Comme si la RDC avait été placée sous tutelle des Nations Unies.  Comme si pour nommer aux emplois militaires, le Président de la RDC était tenu de requérir l’aval des Nations Unies.

S’agissant des présomptions de violations des droits de l’homme qui pèserait sur les généraux Sikabwe et Mandevu et qui les rendraient inéligibles au commandement des opérations de désarmement forcé des FDLR, le Chef de l’Etat, commandant suprême des forces a confirmé que ni Lui-même, ni son Gouvernement n’ont reçu de la Monusco aucun dossier y relatif. La mise à l’index de ces officiers pose donc réellement un problème, d’autant plus que les intéressés ont eu très récemment à participer à des opérations conjointes avec la Monusco sans que ne soit évoquée une quelconque raison de les considérer comme infréquentables.

Dans cette affaire, nous devons demander à nos partenaires de la Monusco de prendre au sérieux les institutions congolaises qui sont leurs partenaires.

Ce que l’opinion ne sait peut être pas, c’est qu’en 2012, la Mission onusienne avait tenté de dissuader les autorités congolaises de lancer les offensives contre le M23 en recommandant plutôt des négociations au finish avec ces forces négatives. En 2013, le même scénario s’est reproduit lorsque le Président décida d’éradiquer par la force les ADF/NALU. Dans tous les deux cas, le Président Kabila avait unilatéralement lancé l’offensive, réservant une fin de non recevoir à ces requêtes pour d’interminables négociations avec ces groupes armés. Dans les deux cas, c’est longtemps après le déclenchement des opérations militaires par les seules FARDC que la force Monusco s’y est associée pour apporter un appui logistique et en ravitaillement. Il n’est pas inutile de signaler qu’aucune dotation en armes n’a été faite dans ce cadre aux FARDC. Bien au contraire, d’importants membres de la communauté internationale bloquent depuis plus de 12 ans la livraison des armes que l’Etat congolais a acquis au prix coûtant chez eux pour sa défense tout en multipliant les remontrances sur l’obligation qui incombe au Gouvernement de combattre et éradiquer les forces négatives.

Tout se passe comme si l’objectif poursuivi était de nous faire croire à nous-mêmes et faire croire au monde entier que la RDC était incapable de prendre en mains et résoudre seule ses problèmes de sécurité.
Hier, peu après la communication du Chef de l’Etat aux ambassadeurs, nous avons suivi avec stupéfaction dans un média global toujours prompts à rationaliser les pires égarements des proconsuls autoproclamés que l’acceptation par la RDC d’un appui des Nations Unies impliquait « ipso facto » une renonciation à une partie de sa souveraineté au titre du chapitre 7 de la Charte de l’ONU. Rien n’est plus faux et ce chroniqueur devrait revoir ses classiques car une sommaire revisitation du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies relatif à l’Action en cas de menace contre la paix, la rupture de la paix et d’acte d’agression indique clairement qu’il n’y est fait, ni directement, ni indirectement aucune mention à une quelconque limitation de la souveraineté d’un Etat. Pour ce qui est de la situation en RDC, le siège de la matière est la Résolution 2098 du 28 mars 2013 du Conseil de sécurité qui réaffirme au contraire « son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC » avant de souligner que « le principe de non-ingérence », parmi d’autres doit y être « pleinement respecté ».

La Résolution reconnaît aussi à son point 10 que « la RDC a la responsabilité principale de garantir sa souveraineté et son intégrité territoriale ». On se demande bien où le chroniqueur a pu trouver une quelconque limitation de la souveraineté de la RDC dans l’arsenal onusien.

C’est précisément pour préserver la souveraineté de la RDC que le Président de la République a décidé de renoncer depuis hier à l’appui qui était attendu de la Monusco pour les opérations de désarmement forcé des FDLR. Pour tout dire, ces opérations qui ont bel et bien commencé, contrairement à ce que certains commentateurs en disent, vont être poursuivies jusqu’à bonne fin par les seules FARDC.

II.     Agissements et comportements de quelques diplomates en poste à Kinshasa

S’agissant du deuxième point de l’intervention du Président de la République axé sur les attitudes et comportements de quelques diplomates en République Démocratique du Congo, les diplomates ont été instamment priés de cesser de considérer la RDC comme un pays conquis ou une sorte de Far West où tout est permis.
Il a été rappelé que les interlocuteurs des diplomates dans un pays sont institutionnels et non des entités privées. Et qu’un diplomate ne peut, en aucune manière, se considérer d’une façon ou d’une autre comme acteur ou protagoniste dans un débat de politique intérieure, ce privilège étant réservé aux seuls nationaux.
Par ailleurs, il a fallu ramener à la surface le principe universel en vertu duquel seules les institutions politiques légitimes auprès desquelles ils son accrédités ont la charge des affaires de l’Etat congolais. L’Etat congolais, a martelé le Président Joseph Kabila, n’a jamais, et n’aura jamais, vocation à être cogéré avec un club de diplomates.

Les Congolais se souviendront que depuis l’année dernière, c’est la troisième mise au point du Numéro 1 congolais dans ce sens. Ce nouvelle mise au point a été faite en toute amitié car la RDC comprend bien la nécessité et l’utilité de ses relations avec ses partenaires. Il y a parmi ces derniers des amis sincères à l’égard desquels notre Président a exprimé toute sa gratitude pour avoir entre autres choses versé le sang de leurs enfants aux côtés de nos troupes dans nos efforts de pacification de l’Est de la RDC.

III. Divers

Dans ce chapitre des divers, je voudrais partager avec vous le plaisir de la réussite du Festival Amani qui vient de se dérouler sans anicroches à Goma, chef-lieu de notre province du Nord Kivu. Une célébration de la paix et de ses vertus à laquelle des jeunes de RDC, du Rwanda et du Burundi et d’autres venus d’autres pays ont participé pour exprimer leur confiance en l’avenir des peuples de la région des grands lacs, une région qui n’a cessé ces dernières années par des conflits sanglants et déstabilisateurs. Le Gouvernement de la RDC salue les organisateurs et tous les participants à cet événement culturel qui a été une véritable bouffée d’oxygène pour des populations martyrisées et se félicite de l’engagement des uns et des autres en faveur de la paix et de la cohabitation harmonieuse entre nos peuples.

Toujours à Goma, on a noté au cours de la semaine passée une décision exemplaire prise par la justice militaire qui a condamné à des peines de 20 ans de servitude pénale un groupe de 12 militaires des FARDC qui étaient poursuivis pour une infraction de coups et blessures ayant entrainé la mort d’un concitoyen dans cette partie de la République.
Cet arrêt de la Cour Militaire du Nord Kivu illustre bien le fait que les institutions publiques congolaises ne se croisent pas les bras face aux comportements répréhensibles de délinquants en uniforme qui, à l’instar de tous les autres délinquants, subissent les rigueurs de la loi.

Pour terminer cette partie introductive de notre entretien, je voudrais attirer votre attention sur le regard positif jeté sur l’évolution économique de notre pays par l’agence internationale de notation Standard & Poors. Cette agence estime que « les récentes évolutions économiques de la RDC lui valent le maintien des notes B sur le long terme et B sur le court terme avec perspectives stables ». « Cette note est justifiée par l’espoir de voir le stock de la dette rester à un bas niveau », expliquent les experts de Standard & Poors, ajoutant que « si les réformes dans la gestion des finances publiques sont correctement mises en œuvre, on pourrait assister à des améliorations, même si la situation restera globalement faible ». Il nous appartient de maintenir l’effort, en dépit des difficultés, pour pouvoir améliorer davantage notre situation économique.

Je vous remercie.

Les questions réponses (Q&R) sur cette vidéo

[youtube T6RSNq6h-fs]
Lambert MENDE OMALANGA

Ministre de la Communication et Médias

Porte-parole du Gouvernement

 

Les étudiants du Sud-Kivu mettent en garde les politiciens en mal de positionnement

Le collège provincial des étudiants promet de radier tout porte-parole de n’importe quelle institution supérieure et universitaire qui sera encore une fois attrapé dans des manifestations politiciennes sous le label du collège des étudiants au Sud-Kivu.

Le collège des étudiants n’appartient ni à la majorité, ni à l’opposition, mais plutôt il fait partie de la composante de la société civile et donc il est apolitique, selon une déclaration  adressée aux médias.

Cette position est consécutive aux récentes manifestations populaires organisées à Bukavu par des hommes politiques qui auraient manipulé les étudiants de certaines institutions supérieures afin qu’ils y prennent part, selon notre source.

A cet effet, le collège provincial des étudiants met formellement en garde les portes paroles des étudiants qui seront attrapés dans des manifestations à caractère politique.

Les contrevenants seront tout simplement radiés de la corporation, tel que nous le dit Alain Paul Nyaringa, conseiller au sein du collège provincial des étudiants et représentant délégué général des étudiants de l’Université Catholique de Bukavu UCB.

Le collège provincial des étudiants rappelle à l’opinion qu’il n’empêche pas à tout étudiant d’adhérer à n’importe quel mouvement politique.

Mais cela doit se faire d’une façon individuelle et pas au nom du collège provincial qui est apolitique. Mais alors, qu’arrivera-t-il s’ils sont contraints par certaines autorités académiques ?

Ce n’est certainement plus un scoop pour personne, certains étudiants sont considérés comme des véritables pions politiques et représentent l’arme de prédilection des politiciens pour faire entendre leur voix, estime une certaine opinion.

Ce qui cloche est que même certaines autorités académiques se mêlent dans ces affaires au nom de leurs propres institutions ; or, le milieu universitaire est et restera à jamais apolitique, croit savoir certains acteurs de la société civile.