RDC-élections : L’opinion et la vérité menacées

Kabila et Kamerhe

Très souvent, en période électorale, par la magie de la manipulation,  la population se laisse aller vers des actes d’intolérance. N’est-ce pas vouloir à la fois une chose et son contraire ?

“Dimanche 10 avril 2011, vers 18h30, en route vers la maison, sur le  boulevard Patrice Emery de Bukavu, je fais chemin seul. A côté de moi, un groupe de six hommes avancent dans la même direction que moi en parlant politique.

Au menu de leur partage, une seule question : Pour qui faut-il voter entre  Joseph KABILA et Vital KAMERHE.

Visiblement, la tendance penchait vers le deuxième qui est de l’opposition. Et à moi de leur dire : Qu’est-ce qu’il a fait pour le SUD KIVU dont il est originaire ? Aussitôt, deux d’entre ces hommes m’ont serré les coudes par le dos et les autres se sont mis à me frapper, qui d’une gifle, qui d’un coup de poing… et quelque temps après, je reçois un coup de marteau ; je sens que la situation devient sérieuse et me met à pousser des cris.

Par coup de grâce, les femmes vendeuses de farine au bord de la grand-route volent à mon secours et me libèrent des mains de ces inconnus ».

C’est en ces termes que Jean Bernard MUNZIHIRWA, père de  famille et domestique de son état s’est adressé à nous. Cet incident est survenu sur le chemin qui mène vers NYAWERA dans la ville de Bukavu (SUD KIVU)

Alors que même le calendrier électoral n’est pas encore connu, alors que même que les candidats ne sont pas encore connus, à l’heure où la campagne électorale n’est pas encore lancée, un acte d’intolérance de cette taille devrait interpeller plus d’un congolais.

Pour certains visionnaires, un tel événement présage des troubles pré ou postélectoraux. Pour eux encore, ce  n’est pas un événement à prendre à la légère, si on interroge les temps et les circonstances.De notre point de vue, tout cela arrive parce que les Congolais ne se regardent pas d’abord tous comme Congolais, pour un Congo de rêve de toujours et d’espoir. Tout cela arrive parce que certains Congolais ne veulent pas reconnaître aux concitoyens la même liberté d’opinion et la vérité  qu’ils se reconnaissent à eux-mêmes. Tout cela arrive également parce que certains Congolais, au pouvoir ou pas, ne veulent pas comprendre que la liberté d’opinion demeure l’un des piliers de la démocratie et de la cohabitation pacifique.

Pour les élections 2011, les Congolais ont besoin d’exprimer leurs opinions, leurs choix dans la paix, dans la quiétude et non dans des troubles. Le Gouvernement et l’Opposition, à tous les niveaux, devront trouver des mécanismes pour prévenir de tels cas ; en commençant par mettre de l’eau dans leur vin à travers leurs discours ou messages sur les chaînes de radio et télévision.

Laurent KURHENGAMUZIMU
Jambonews.net